Pour retrouver la scène mondiale cet été après douze ans d’absence, l’Italie doit sortir vainqueur mardi (20h45) à Zenica d’une finale des barrages européens du Mondial-2026 contre la Bosnie-Herzégovine qui a tout d’un piège.
En célébrant avec un peu trop d’effusion devant les caméras de télévision la qualification de la Bosnie aux tirs au but contre le pays de Galles jeudi soir, Federico Dimarco, Sandro Tonali et quelques coéquipiers ont provoqué la polémique et piqué au vif leurs futurs adversaires et leurs supporters. Il y a sans doute mieux pour préparer l’un des matches les plus importants de l’histoire récente de la Nazionale.
Dimarco s’est depuis défendu d’avoir «manqué de respect à la Bosnie et aux Bosniens» et fait preuve d’arrogance en considérant les «Zmajevi» («les Dragons») comme un adversaire plus abordable que les Gallois. Mais le mal est fait : l’Italie, quadruple championne du monde mais absente des deux dernières Coupes du monde, tentera de décrocher son visa pour l’Amérique dans un contexte hostile et une ambiance de feu.
Il n’y aura pourtant que 8 800 spectateurs dans le stade Bilino-Polje de Zenica, à 70 km de la capitale Sarajevo. La capacité habituelle de l’enceinte est de 14 000 places, mais la Bosnie est sous le coup d’une sanction de la Fifa pour un comportement raciste et discriminatoire de ses supporters durant le match de qualification de novembre dernier contre la Roumanie.
C’est tout un pays qui sera derrière sa sélection, 66e au classement Fifa et qui vise, grâce à son inusable Edin Dzeko (40 ans), une seconde participation, après 2014, à la Coupe du monde. «L’Italie ne nous sous-estimera pas, mais elle n’a plus de Totti ni de Del Piero. Elle a de la qualité, mais une qualité différente de l’Italie d’autrefois (…) L’Italie peut beaucoup souffrir contre nous», a prévenu l’attaquant aux 73 buts en 147 sélections.
Si l’ambiance s’annonce bouillante, la météo, elle, devrait être hivernale, avec de la neige ces derniers jours et de la pluie annoncée à l’heure du match. Si bien que Gennaro Gattuso a décidé de repousser de 24 heures le départ pour la Bosnie de son équipe, prévu initialement dimanche, le temps d’une dernière répétition sous le soleil de Coverciano, le centre d’entraînement du football italien, près de Florence.
Le champion du monde 2006 qui a succédé en juin 2025 à Luciano Spalletti après une déroute à Oslo en ouverture des éliminatoires, doit tordre le cou aux fantômes de 2018 et 2022 qui ont traumatisé l’Italie et ses tifosi. Privée en barrages, et à chaque fois à domicile, du Mondial russe par la Suède, puis quatre ans plus tard de la Coupe du monde au Qatar par la Macédoine du Nord, la Nazionale a fait, grâce à une victoire sans éclat contre la modeste Irlande du Nord jeudi à Bergame, la moitié du chemin.
Contre la Bosnie, Gattuso devrait reconduire les vainqueurs des Nord-Irlandais. À moins qu’il ne donne sa chance d’entrée à l’un des rares phénomènes italiens de la Serie A, Francesco Pio Esposito (20 ans), plutôt qu’à Mateo Retegui, décevant jeudi. «C’est un gamin spécial, en avance sur le plan mental et qui est toujours à 100 %», a apprécié Dimarco, son coéquipier à l’Inter.
«En tant qu’Italie, on a l’obligation de se qualifier pour le Mondial, mais on sait qu’on affronte une équipe forte, avec des joueurs expérimentés et de talent», a prévenu le latéral. «Il faudra être fort mentalement, a insisté Dimarco. Si on a le bon état d’esprit pendant 95 minutes, on ramène à la maison le résultat qu’on espère». Et qu’attend toute l’Italie, qui a suivi le dernier match de sa sélection lors d’une Coupe du monde en 2014 au Brésil, terminée dès la phase de poules.




