À partir du 2 avril, les États-Unis mettent en place un «programme pilote de cautionnement des visas». Concrètement, certains voyageurs devront déposer une somme comprise entre 5 000 et 15 000 dollars pour obtenir leur visa. Cette caution leur sera restituée à condition de quitter le territoire à la date prévue.
La mesure concerne désormais cinquante pays. Parmi eux, cinq nations qualifiées pour la Coupe du monde 2026 : l’Algérie, la Tunisie, le Sénégal, le Cap-Vert et la Côte d’Ivoire. Pour les adultes, la caution pourrait atteindre 10 000 à 15 000 dollars, contre environ 5 000 dollars pour les mineurs.
Officiellement, les autorités américaines justifient ce dispositif par la volonté de lutter contre l’immigration illégale et de s’assurer que les visiteurs respectent la durée de leur séjour.
Les supporters en première ligne, les délégations dans le flou
Si cette mesure vise en premier lieu les visiteurs, elle pourrait aussi concerner les délégations sportives. Dans les faits, joueurs, entraîneurs et membres du staff pourraient être soumis à cette caution, versée individuellement.
Face à l’inquiétude grandissante, la FIFA travaillerait en coulisses pour négocier des exemptions. L’une des pistes envisagées serait la délivrance de lettres d’invitation officielles pour les délégations, afin d’éviter cette contrainte financière. En revanche, les supporters, eux, ne devraient pas bénéficier de telles dérogations.
Cette situation pourrait compliquer l’organisation du tournoi pour certaines équipes. Plusieurs matchs de phase de groupes de la Côte d’Ivoire, du Sénégal ou encore de la Tunisie doivent se jouer sur le sol américain, tandis que l’Algérie et le Cap-Vert devraient y disputer l’intégralité de leurs rencontres.
Des supporters indignés : «C’est une compétition mondiale, il faut être prêt à accueillir tout le monde»
L’annonce de cette mesure a rapidement enflammé les réseaux sociaux. Sur TikTok, de nombreux internautes dénoncent une décision jugée discriminatoire. «Ça donne JO 1936 vibes» commente un internaute, en référence aux Jeux olympiques organisés par l’Allemagne nazie en 1936.
«Pourtant sans les Africains et les Arabes, la FIFA est ruinée», ironise un autre. «On va la regarder à la TV c’est mieux», tempère un utilisateur de la plateforme. «Donc en fait personne n’est invité», commente une autre personne sur TikTok.
D’autres sont plus radicaux, appelant à boycotter la compétition sportive.
Un créateur de contenu français suivi par 12 000 abonnés a exprimé sans détours dans une publication : «Si vous ne voulez pas des Africains à la Coupe du monde, dites le nous clairement, vous utilisez des stratagèmes à gauche à droite pour empêcher la venue des Africains». Mounir, un autre créateur de contenus suivi par près de 300 000 abonnés a lui lancé : «Voilà encore les mal-aimés d’Afrique. Je ne sais pas si on se rend compte de la dinguerie. Laissez les supporters venir, après ils vont rentrer chez eux, ils s’en tapent de rester chez vous, c’est quand même une compétition mondiale, tu veux l’organiser chez toi il faut que tu sois prêt à accueillir tout le monde».
Un durcissement plus large de la politique migratoire
En parallèle, les États-Unis ont également annoncé un gel des visas d’immigration permanente pour les ressortissants de 75 pays. Parmi eux figurent plusieurs nations qualifiées pour la compétition, comme l’Iran, l’Irak, le Brésil, la Bosnie, l’Ouzbékistan ou encore l’Égypte.
Si les autorités assurent que les supporters de ces pays ne sont pas concernés par cette restriction, elles précisent néanmoins que les demandes d’entrée feront l’objet d’un examen approfondi, notamment via l’analyse des réseaux sociaux des candidats avant de leur assurer l’autorisation d’entrer sur le sol américain.



