Dans le cadre d’une étude, des psychologues et spécialistes du cerveau ont réalisé une expérience. L’objectif ? Comprendre comment le cerveau réagit lorsqu’une chanson possède une signification personnelle forte. Pour les chercheurs, un certain type de musique peut être bénéfique pour la mémoire, en stimulant notamment l’hippocampe.
Comprendre les effets des musiques nostalgiques
Depuis longtemps, nous savons que la musique peut réduire le stress, réguler l’humeur et même améliorer la qualité du sommeil. Elle peut également aider au développement du langage chez l’enfant, stimuler la créativité ou encore, augmenter la motivation et réduire la fatigue, notamment dans le cadre d’une pratique sportive. Et si un certain type de musique était capable de stimuler la mémoire ? Cette question était au cœur d’une étude publiée dans la revue Human Brain Mapping en 2025, menée par des psychologues et des spécialistes de la cognition de plusieurs universités américaines.
Les scientifiques ont regroupé 57 volontaires pour une expérience très particulière, avec l’objectif de comprendre la réaction du cerveau lorsqu’une chanson possède une forte signification personnelle. Les participants à l’étude ont été invités à choisir des chansons capables de leur évoquer des souvenirs précis et des émotions (musiques nostalgiques).
Ensuite, les chercheurs ont comparé les effets de ces morceaux avec ceux d’autres chansons musicalement similaires mais sans dimension personnelles et avec ceux d’autres musiques non familières. A chaque écoute, les participants se trouvaient dans un appareil d’IRM fonctionnelle, permettant aux meneurs de l’étude de distinguer ce qui touchait à la familiarité ou à la mémoire personnelle.
Stimuler la mémoire autobiographique
Selon les résultats, les morceaux associés à des souvenirs personnels activent certaines zones du cerveau de manière plus intense. C’est notamment le cas pour l’hippocampe, qui joue un rôle fondamental dans la mémoire et la navigation spatiale. Toutefois, d’autres zones impliquées dans les émotions, l’introspection et la récompense étaient aussi concernées. Les scientifiques ont par exemple évoqué la notion de «réseau du mode par défaut», un système s’activant lorsque l’on pense à soi-même, à son passé et à des expériences vécues, entre autres. Il est donc ici question de mémoire autobiographique.
En somme, écouter une chanson ayant une dimension personnelle ne se limite pas seulement au simple fait de se remémorer un événement passé. En effet, cet acte stimule également la mémoire, les émotions et le sentiment d’identité. Parfois, une seule écoute permet de recréer tout un contexte, une capacité particulière que peu d’autres stimuli ont.
Des perspectives sur le plan de la santé mentale
Pour les chercheurs, ces travaux pourraient ouvrir la voie vers des perspectives très intéressantes, notamment en ce qui concerne le vieillissement. Malgré le fait que la mémoire évolue avec l’âge, certaines capacités persistent et restent solides. Il est donc possible que la musique puisse devenir un outil très accessible pour stimuler ces fonctions et peut-être même améliorer la qualité de vie au quotidien de certaines personnes, potentiellement celles atteintes de démence.
«Ces travaux pourraient servir de base solide pour de futures études examinant les corrélats neuronaux de la nostalgie évoquée par la musique chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de démences apparentées», peut-on lire dans l’étude.
Précisons enfin que ce phénomène ne concerne pas forcément un genre musical en particulier. Peu importe s’il s’agit de jazz, de hip-hop, de variétés ou de chansons pour enfants, l’essentiel réside dans le lien étroit entre les morceaux choisis et les expériences et souvenirs personnels.





