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Las minúsculas a prueba de la geopolítica

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Chaque mois, nous passons en revue les rapports mensuels d’activité des fonds (OPC) de petites valeurs européennes et résumons sous forme de tableau synthétique les derniers choix des meilleurs gérants. L’objectif : vous aider à mieux les sélectionner, mieux comprendre leurs performances, et vous permettre de suivre facilement les dernières décisions des meilleurs «stock-picker» français. Et pourquoi pas vous en inspirer dans vos propres choix de valeurs.

L’effet janvier est déjà bien loin et l’année 2026 est déjà éprouvante pour les investisseurs. Après les doutes liés aux effets de la diffusion de l’IA dans toute l’économie fin février, la guerre en Iran a fait basculer dans le rouge les indices de petites et moyennes valeurs début mars. Et bondir la volatilité, à leur détriment, «risk-off» oblige.

En février, les indices Small & Mid caps européens ont évolué de façon mitigée : +3% pour le MSCI Emu Small NR, -1.3% pour le MSCI Emu Micro NR. Cela tient essentiellement aux différences d’expositions sectorielles. Les secteurs traditionnels (services aux collectivités, alimentation, les matériaux, l’immobilier et l’énergie) ont en effet bénéficié de leur immunité face à la menace de disruption de l’IA et des tensions géopolitiques autour de l’Iran, même si la guerre n’a éclaté que début mars. Au contraire, les médias, services financiers et la technologie étaient en retrait. En France, l’indice CAC Small était stable, stabilité qui cache aussi des disparités sectorielles très fortes quelle que soit la qualité des publications de chacune de leurs composantes.

La question prégnante pour les petites valeurs actuellement concerne la durée de la guerre en Iran et surtout son impact sur les coûts de l’énergie. En effet, jusqu’à présent, les statistiques économiques et les publications des sociétés, ainsi que les flux de liquidité entrants sur les marchés, et notamment les petites valeurs françaises, étaient encourageants. La collecte a en effet nettement repris sur les fonds de la classe d’actifs d’après les chiffres compilés par Portzamparc.

De bon augure pour soutenir, malgré le contexte anxiogène, le retour des IPO. Après le succès de l’IPO Rising Stone, souscrite par bon nombre de fonds de la sélection, deux acteurs de la «Beauty Tech» frappent à la porte d’Euronext Growth, dont Ieva Group (8M€ recherchés, capitalisation après IPO de 127M€ – résultats déficitaires) qui a obtenu le soutien de la BPI dans le cadre du lancement de son nouveau fonds d’investissement en direct («BlueSpring» – 200M€ à terme) sur une douzaine de petites capitalisations françaises (<500M€). Ieva a été fondée et est dirigée par Jean-Michel Karam, également dirigeant de la société Memscap dans le secteur de l'électronique.

L’actualité des micro-capitalisations françaises est riche en augmentations de capital (Audacia, Smaio, One Experience, Netmedia Group, pour certaines à des cours supérieurs au cours de Bourse) mais aussi malheureusement en sociétés en grandes difficultés (Cabasse, Bigben Interactive, Nacon, sans parler des liquidations/radiations de Global Bioenergies, McPhy, Entreprendre, Alchimie…).

Enfin, une recomposition des indices CAC Mid 60 (entrée de DBV Technologies, sortie de Robertet) et Cac Small (entrée de Carvolix Robertet et Waga Energy, sortie de DBV Technologies) s’annonce pour le 20 mars.

Evolution, dividendes inclus, des indices d’actions françaises par taille de capitalisation depuis le 1er janvier 2026

Les remarques générales

De façon générale, à noter : – Les fonds de la sélection ont bien démarré l’année, à 3.9% en moyenne fin février; – A noter l’achat de titres Rising Stone (IPO d’un promoteur immobilier de luxe), Altaréa (promoteur et foncière dont le nouveau positionnement sur les «data center» a fait mouche) et Sidetrade par plusieurs fonds. En sens inverse, des allègements sont repérés en Exail sur plusieurs fonds. – Le fonds Claresco PME P fait sa première entrée dans la sélection ce mois-ci, porté depuis 2025 par le retour en grâce des valeurs biotechs.

Les derniers arbitrages des pros

Indépendance Europe Small a renforcé ses investissements dans Mota Engil (Portugal), Hoegh Autoliners (Norvège) et Compagnie des Alpes (France) et a initié un nouvel investissement dans la société Azimut Holding (Italie). Il s’est allégé en Tubacex (Espagne) dont la valorisation est désormais élevée. Indépendance France Small & Mid s’est renforcé en Dassault Aviation suite aux annonces relatives à la commande indienne. Il s’est allégé en Rexel qui est bien valorisée. Il est également revenu sur Cap Gemini, estimant la valorisation faible compte tenu de craintes surestimées quant à l’impact de l’IA sur son secteur. Enfin, le fonds a participé à l’IPO Rising Stone. Abascus Discovery R recense 14 publications de résultats au sein de son portefeuille, bien accueillies «à l’exception de Suez Environnement qui constitue notre troisième principal contributeur négatif du mois, à -0,4pt. Cependant, les nouveaux objectifs du groupe, centrés sur la génération de trésorerie et l’assainissement du bilan combinés à des revenus quasi récurrents et à une valorisation attractive, nous confortent dans l’idée que le potentiel reste intact. Les autres contributions négatives proviennent de l’effet IA, qui a pesé sur Sys-Dat, Performance Technologies et Profile Software, pour un impact cumulé de -1,1pt. Du côté positif nous retrouvons ICOP et CICOR qui progressent tous deux fortement en amont de leur publication et représentent nos deux premiers contributeurs du mois à +1,3pt et +0,8pt respectivement. Les solides résultats de Hanza (dépassant de 35% les estimations d’EBITA sur le 4T) et Arteche (portée par les annonces favorables de ses concurrents Schneider Electric et Siemens) ont également soutenu la performance et contribuent à hauteur de +0,7pt. Au niveau des mouvements du portefeuille, nous avons pris certains profits sur des valeurs telles que Kitron, dont les multiples se sont fortement appréciés après une hausse de plus de 66% depuis début décembre. Nous avons réalloué une partie de ces capitaux vers R&S Group, actif dans les transformateurs pour réseaux électriques, valorisé avec une décote de 30% par rapport à ses concurrents pour des niveaux de marge et de croissance supérieurs ou égaux. A noter le focus du mois sur Limes, groupe allemand de cliniques privées spécialisées dans la prise en charge des troubles de la santé mentale mal valorisé et pourtant très résilient et rentable.

Idam Small Euro juge que les nombreuses publications des valeurs du fonds «ont été, dans leur très grande majorité, de bonne facture. Il profite notamment de la bonne performance d’Icop (+27%), Outokumpu (+20%), Indra Sistemas (+15%) ou encore Tecnicas Reunidas (+16%). A l’inverse, plusieurs sociétés ont pénalisé la performance du fonds sur le mois, principalement dans le secteur des services IT, qui a fortement reculé à la suite des craintes liées à la disruption potentielle de l’IA après la sortie de la dernière version d’Anthropic Cowork. Si nous avons décidé d’alléger ce secteur en début de mois, bien représenté dans le fonds, avec notamment la cession de Global Dominion et de Sesa, nous restons néanmoins investis dans certaines sociétés de pure services IT comme Alten, Reply, Wavestone ou Sopra. Contrairement au secteur du logiciel, lui aussi ciblé par les investisseurs en février, ces sociétés conservent des valorisations très raisonnables, dans un cycle qui devrait s’améliorer au cours des deux à trois prochaines années. Nous sommes également entrés au capital de Technip Energies au cours du mois, en amont de la publication de ses résultats, profitant de la récente baisse du titre qui offrait selon nous un point d’entrée attractif.

Claresco PME P fait son entrée dans la sélection. En février, la progression du fonds de 1.1% provient de «2CRSI (+81%), Nanobiotix (+48%), Valneva, (+22%), Exosens (+16%), Grenergy (+15%), Spie (+14%), Exail, Cie des Alpes et SMCP (+12%), et LNA Santé (+11%). Cependant, le mouvement de défiance vis-à-vis de secteurs qui pourraient être fragilisés par la montée en puissance de l’IA s’est étendu à de nouveaux segments (publicité, logiciels, paiements, services informatiques) et a pénalisé des sociétés comme Aubay (-24%), Planisware (- 20%), Quadient (-15%), Sword (-14%), Neurones, Wallix (-13%) et Equasens (-11%). Nous avons entré Altarea, Rémy-Cointreau, Rising Stone (IPO) et Sidetrade. Nous avons renforcé Bilendi, EPC Groupe, FDE, Kaufman et Lumibird. Nous avons pris des profits sur Exail, Exosens, Grenergy et avons allégé Beneteau, Chargeurs et Planisware. Enfin, nous avons sorti Lagardère (au profit de Louis Hachette), Suez et Vicat.»

HMG Découvertes C, dont le gérant s’interroge sur le discours des fonds spéculatifs selon lesquels l’IA pourrait remplacer les ESN et éditeurs de logiciels, a «assez logiquement profité du fort repli de Sidetrade pour légèrement compléter notre ligne, tandis qu’une position était réinitiée dans l’éditeur de logiciels 74 Software (ex Axway) compte tenu de la chute de son cours, et malgré le relèvement de l’objectif de croissance organique pluri-annuelle de cette société. Il nous apparaît en effet que 74 Software est un des rares bénéficiaires du développement des modèles d’intelligence artificielle, dans la mesure où ses logiciels de gestion et de transferts de fichiers de données à forte volumétrie sont naturellement favorisés par les usages de l’I.A. De plus, à moins de 8 fois, en valeur d’entreprise, son résultat opérationnel 2027, la valorisation de 74 Software nous semble très raisonnable. Certaines lignes du secteur défense/aéronautique ont aussi été complétées, comme celles en Figeac (sous-ensembles aéronautiques), Lumibird (lasers) et Lisi (fixations aéronautiques), achetée lors du repli de son cours le lendemain d’une publication pourtant parfaitement en ligne avec les attentes du marché. Enfin, HMG Découvertes a souscrit à l’opération d’introduction en bourse du promoteur d’immobilier de luxe à la montagne Rising Stone. Nous avons été séduits par une trajectoire de forte rentabilité qui devrait aisément pouvoir être tenue, compte tenu d’un important portefeuille de projets sécurisés dans un marché en pénurie. Du côté des cessions, des prises de profits ont notamment porté sur l’assureur-crédit Coface, et par précaution, en Neurones avant le repli de son cours de Bourse.»

Terminons par une sélection des small caps parmi les mieux notées par notre Stock Screener :

(France – capitalisations boursières < 5 Md$ – source Stock Screener Zone Bourse)