Plus de 1 500 professionnels, des acteurs, des réalisateurs et des techniciens, ont annoncé, en septembre dernier, leur intention de ne plus collaborer avec certaines institutions cinématographiques israéliennes. À l’origine de cette initiative ? Le collectif Film Workers for Palestine qui appelle à un boycott culturel inspiré de celui mené contre l’Afrique du Sud durant l’apartheid. Dans une lettre publiée dans The Guardian, les signataires ont dénoncé une situation qu’ils jugent intenable.
«En ce moment de crise où nombre de nos gouvernements autorisent le carnage à Gaza, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour répondre à cette complicité», a-t-on, entre autres, pu lire. Parmi les personnalités ayant rejoint ce mouvement figurent notamment Charlotte Le Bon, Camélia Jordana, Éric Cantona, Olivia Colman, Tilda Swinton, Emma Stone, Mark Ruffalo, Joshua Oppenheimer, Josh O’Connor ou encore Javier Bardem. Une liste qui ne cesse de s’allonger, portée par une véritable volonté de prise de position. Dans ce contexte, Penélope Cruz a, elle aussi, choisi de s’exprimer publiquement.
Penélope Cruz appelle «chacun d’entre nous» à prendre conscience de la situation
Dans un entretien accordé à El País, la comédienne a livré une parole intime sur la responsabilité des artistes face aux conflits. «Je ne laisserai jamais personne me faire taire lorsqu’il s’agit de dénoncer la destruction de civils et d’enfants où que ce soit dans le monde, car pour moi, la vie d’un enfant a exactement la même valeur partout», a-t-elle commencé par insister. Touchée par les images venues des zones de guerre, elle a ensuite insisté sur l’universalité de la souffrance : «Les images que nous recevons d’enfants et de civils à Gaza me touchent exactement de la même manière que celles de tous les civils morts en Israël le 7 octobre». «Je vois ces enfants à Gaza souffrir et mourir ainsi, dans une telle agonie et une telle horreur, et je me demande : comment pouvons-nous voir tout cela et ne rien dire, ne rien écrire, ne rien faire ? C’est l’affaire de chacun d’entre nous», a-t-elle conclu avec gravité.
Javier Bardem, lui aussi engagé de longue date contre la guerre
Un engagement partagé au sein même de son foyer puisque son époux, Javier Bardem, s’est lui aussi exprimé publiquement, à plusieurs reprises et ce depuis de nombreuses années. Par exemple ? Lors de la cérémonie des Oscars 2026, il est apparu avec un badge sur lequel on pouvait lire «Non à la guerre», de quoi rappeler un engagement ancien. «Je porte un badge que je portais déjà en 2003, pendant la guerre d’Irak, qui était une guerre illégale. Aujourd’hui, vingt-trois ans plus tard, nous sommes confrontés à une autre guerre illégale, créée par Trump et Netanyahou sur la base d’un autre mensonge», a-t-il regretté. Une partie de l’industrie cinématographique internationale semble donc désormais décidée à ne plus rester silencieuse face aux conflits à travers le monde.






