Symbole de l'UBB championne d'Europe en titre et leader total de son club, Maxime Lucu traverse la meilleure période de sa carrière depuis plus d'un an. Porté par l'UBB, son public et ses proches, le capitaine girondin s'avance aujourd'hui vers la finale de Champions Cup contre le Leinster, dans son Pays Basque à Bilbao, comme l'incarnation du club bordelais. Il a su se relever après avoir essuyé de nombreuses critiques qui l'ont profondément touché.
Il n'y a encore pas si longtemps que ça, Maxime Lucu avait la sensation d'avoir «touché le fond». Ce samedi, à Bilbao (15h45), il va disputer la deuxième finale européenne consécutive de sa carrière. Parce qu'avant de devenir l'emblème de l'UBB, Lucu a traversé la période la plus difficile de sa carrière. «C'est vrai que c'est toujours difficile à voir quand tu peux passer de quelqu'un qui a la lumière sur lui à un joueur qui, presque aux yeux du monde et de tout le monde, est devenu quelqu'un de pas au niveau», raconte-t-il à RMC Sport. Le Tournoi des VI Nations 2024 l'a profondément marqué. Après la Coupe du monde ratée des Bleus et l'absence d'Antoine Dupont, parti disputer les Jeux olympiques 2024 en rugby à 7, le Basque s'était retrouvé propulsé titulaire à la mêlée dans un contexte explosif. Les performances irrégulières du XV de France avaient rapidement fait de lui une cible idéale. «Cette période-là avait été très compliquée à gérer personnellement parce que je me disais déjà que je ne faisais pas les meilleurs matchs possibles. Et en plus de ça, je ramassais derrière.»
Maxime Lucu: «Les 60 points en finale contre Toulouse, ça m'a mis au fond…»
Lucu, habitué à évoluer loin des projecteurs, découvre alors la violence de l'exposition médiatique. «C'était la première fois que j'étais publiquement un petit peu mis devant de la scène, mais négativement, où j'étais un peu pris à partie par beaucoup de gens.» Le plus dur n'est pourtant pas venu du terrain. «Ã‡a a été difficile à vivre parce que j'ai toujours vécu dans un socle assez tranquille où la lumière n'était pas forcément sur moi. Et d'arriver là , ça a été difficile pour ma famille.» Le demi de mêlée reconnaît même avoir sombré mentalement dans une saison qui s'est achevée par un traumatisme en finale du Top 14 contre Toulouse (défaite 59-3).
«Honnêtement, j'ai touché le fond, mais terrible. Les 60 points en finale contre Toulouse, ça m'a mis au fond. J'étais déjà au fond, mais là …» Dans cette période noire, l'UBB est devenue son refuge. Son point d'ancrage. Lucu raconte aujourd'hui à quel point le club girondin lui a permis de se reconstruire. «Bordeaux a été très important pour moi et ça restera vraiment fort pour moi, parce que c'est à Bordeaux que j'ai réussi à relever la tête, grâce à ma compagne, grâce à mes coéquipiers et grâce au club.» Il décide de repartir de zéro. «Je me suis dit: ‘Qu'est-ce que tu veux devenir? Est-ce que tu veux montrer que, comme toujours, tu t'es relevé des épreuves difficiles?'» Le capitaine bordelais replonge alors dans ce qui l'a toujours construit: le travail et le collectif.
«Je suis reconnaissant d'avoir vécu ces moments difficiles. On se sert des échecs»
Depuis plusieurs mois, Maxime Lucu est devenu le leader émotionnel et technique de cette équipe bordelaise. Il enchaîne les performances de très haut niveau. Les critiques de 2024 paraissent lointaines. Sur le terrain, c'est le capitaine incontesté, celui qui calme les temps faibles, celui qui parle quand il faut, celui qui incarne aussi la maturité nouvelle de l'UBB. «Aujourd'hui, je suis tellement grandi et reconnaissant d'avoir vécu ces moments-là . On se sert des échecs. Limite maintenant je remercie les gens qui m'ont insulté… Je les emmerde un petit peu, parce que je prends du plaisir.» Sa performance référence à l'Aviva Stadium contre l’Irlande, lors du Tournoi 2025 après la blessure au genou d'Antoine Dupont, a définitivement changé son regard sur lui-même. «Je me suis dit: ‘Si tu es capable, contre les meilleurs joueurs du monde, de faire un match propre, pourquoi tu ne le fais pas tous les week-ends?'» Depuis, Maxime Lucu avance avec une confiance nouvelle. Sans jamais changer de personnalité. À Bordeaux, c'est aussi pour cela qu'il est adoré.
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