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Todos sabían todo sobre mí: lo que Loana pensaba de su paso por Loft Story.

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Loana Petrucciani en trois photos (de gauche à droite) : sur les Champs-Élysées le soir de sa victoire dans la première saison de «Loft Story» (en juillet 2001), à St Tropez (en 2001), au Festival de Cannes (en 2005)

AFP Loana Petrucciani, décédée ce mercredi 25 mars à Nice à l’âge de 48 ans, n’a jamais renié son aventure dans l’émission emblématique du début des années 2000, Loft Story. Mais elle n’a jamais non plus cessé d’en raconter l’envers.

Révélée en 2001 dans la première télé-réalité «d’enfermement» française, elle décrivait à la fois une expérience fondatrice et le point de départ d’une vie bouleversée. «Pour moi, la télé-réalité, ça a été ma baguette magique», confiait-elle en 2018 sur le plateau de C à vous. «Ça m’a apporté énormément.» Une expérience qu’elle refusait de réduire à un simple piège médiatique, évoquant aussi les rencontres, les voyages et une forme d’ascension sociale fulgurante.

Le «Loft», elle l’a d’abord vécu comme un conte de fées donc. «J’ai vécu ça avec des yeux émerveillés, comme quelqu’un qui va à Disneyland», racontait-elle encore. Puis très vite, le récit bascule.

Car derrière cette célébrité immédiate, Loana raconte surtout une sortie brutale, sans préparation. «Je ne savais pas ce qui m’arrivait», explique-t-elle. À peine sortie du jeu, celle qui pensait pouvoir visiter la Tour Eiffel puis reprendre son travail, se retrouve face à une avalanche de journalistes, sommée de répondre à des questions sur une vie déjà exposée sans qu’elle n’en maîtrise les contours. «Si on m’avait dit ce qui allait se passer, j’aurais eu peur», confiait-elle aussi, revenant sur cette période de sidération.

«On n’a rien dit, mais tout le monde sait tout de vous»

La phrase résume tout. «On n’a rien dit, mais tout le monde sait tout de vous», expliquait-elle encore à Anne-Élisabeth Lemoine en 2018. L’impression d’être mise à nu, dépassée par une machine médiatique qui s’emballe. «Toute ma vie était comme exhibée», poursuit-elle, évoquant la révélation de son histoire personnelle, de son enfance, de sa fille, avant même qu’elle ne puisse en parler elle-même. Dans un entretien accordé à la Revue des médias de l’INA, elle décrivait des journalistes «intrusifs, violents, sans pitié» et racontait avoir «pleuré tous les soirs» face à cette pression. À l’époque, elle pense devoir répondre à tout. «Je croyais qu’il fallait répondre à toutes les questions», confie-t-elle, décrivant une forme de naïveté exploitée.

Mais avec le recul, Loana refuse pourtant de se poser uniquement en victime. «Je ne changerais rien à ma vie», assure-t-elle, tout en reconnaissant la violence du parcours. «Mais je ne le referais pas.»

Car si Loft Story a été un tremplin, elle admet aussi que cette exposition a accentué ses fragilités. Elle explique que cette exposition a accentué des fragilités déjà présentes dans sa vie, et évoque une descente progressive, marquée par la solitude, les addictions et les tentatives de suicide. Une trajectoire qu’elle décrira elle-même comme celle d’un «exemple à ne pas suivre».

«On a applaudi sa lumière sans protéger son ombre»

Dans ses dernières prises de parole, une forme de lucidité s’impose. À propos de la saison 1 de la série «Culte”, inspirée de son histoire, elle reconnaît : «Il y avait une machine.» Dans les colonnes de Voici, elle disait aussi avoir été bouleversée en revoyant cette période, évoquant des images «qu’elle aurait voulu effacer».

Vingt-cinq ans plus tard, ce regard rétrospectif trouve un écho dans les mots de Benjamin Castaldi. L’ancien animateur de Loft Story évoque lui aussi une responsabilité plus large : «On a tous regardé. [¿] On a applaudi sa lumière sans protéger son ombre.»

Un constat qui fait écho aux propres mots de Loana, longtemps restée prise entre reconnaissance et vertige. Elle le résumait elle-même avec une forme de simplicité désarmante : une expérience «extraordinaire», mais dont elle n’a jamais vraiment cessé de payer le prix.