Les 20 et 21 mars 2026, un collectif constitué du groupe Psyphine, de l’Université de Lorraine, l’Institut des Maladies Neurodégénératives de Bordeaux, l’ISIR (Sorbonne Université), la Chaire ARTSS (ENSEA-ETIS) et l’ENSAD de Nancy, a réuni autour de lui un groupe de 18 étudiants en master et en doctorat de différentes disciplines pour imaginer un robot d’un nouveau genre. Un robot qui ne reprend pas les formes humaines ou animales mais est capable de susciter des interactions.
Au cœur du projet, l’interdisciplinarité scientifique Le groupe Psyphine est constitué de chercheurs en anthropologie, informatique, neurosciences, philosophie, psychologie, sociolinguistique, etc. Autant de disciplines qui abordent souvent des concepts similaires mais avec un angle scientifique différent.
Frédéric Verhaegen, Maître de Conférences en psychologie prend pour exemple le concept de «cognition». En effet, en fonction du domaine de recherche auquel appartiennent les chercheurs, les définitions et sens donnés à la cognition diffèrent mais l’intérêt pour le concept est le même. Discuter, échanger et confronter les points de vue interdisciplinaires permet alors d’enrichir sa propre vision scientifique et, dans une plus large mesure, de faire avancer la recherche.
C’est dans cet état d’esprit que le groupe a organisé ces deux journées d’atelier de conception autour de la recherche et de l’étude des interactions humain-robot.
Étudier les interactions humain-robot en SHS Parmi les participants, Virginie André, Professeure des Universités en Sciences du Langage, au sein de l’UFR SHS Nancy, explique que son regard en tant que chercheuse en sciences humaines et particulièrement en sciences du langage, se porte sur les interactions qui se créent entre un objet et l’humain.
Si l’objet est capable de reconnaître des visages ou encore des couleurs pour interagir avec la personne en face de lui, ce sont surtout les réactions et comportements humains qui se dégagent des interactions qui intéressent l’enseignante-chercheuse. Tandis que certains seront particulièrement intrigués par le robot, d’autres n’y verront qu’un nouvel objet comme il en existe depuis des années maintenant.
La manière d’interagir avec la machine, ainsi que l’intention ou l’empathie projetées dans les échanges, permettent d’analyser les comportements interactionnels qu’ils soient verbaux et non verbaux.
Une recherche qui ne date pas d’hier Ces journées ne sont pas les prémices de cette recherche. En effet, depuis une quinzaine d’années, des expériences sont menées en ce sens, pour cerner et étudier les interactions humain-robot.
Pour Manuel Rebuschi, Professeur des Universités en Philosophie à l’IDMC (Institut des sciences du Digital, Management Cognition), ces études permettent d’appréhender la projection de l’humain dans ses interactions et les mécanismes de pensée sous-jacents. Bien que les robots soient rarement perçus comme dotés de subjectivité et de volonté, le comportement humain lors des échanges peut, malgré tout, être empreint d’intentionnalité et de projection. Ici, la particularité de l’objet est qu’il ressemble à une lampe et en aucun cas à ce que l’homme pourrait associer, même de manière symbolique, à un interlocuteur doué de conscience ou de réflexion.
Pour autant, les participants aux différentes phases d’expérience ont pu adopter un comportement similaire à celui qu’ils auraient avec des êtres vivants. Comprendre pourquoi et comment ces mécanismes s’installent dans l’esprit humain est un objet de recherche particulièrement intéressant et d’actualité.
À l’issue de ces deux journées d’échanges et de création, le robot pourrait voir le jour grâce au concours de Guillaume Morel, un chercheur en robotique à Sorbonne Université. Une prochaine étape qui prolongera cette exploration collective des interactions entre humains et machines.






