La Cour des comptes européenne sonne l’alarme sur le faible niveau de financement du Fonds européen pour l’innovation, qui n’a versé que 1 % des 40 milliards d’euros prévus d’ici 2030. Le problème ne réside pas tant dans le succès des projets financés, mais dans la mécanique même du dispositif. En effet, un fonds conditionnant ses versements aux résultats obtenus n’est pas véritablement un fonds pour l’innovation, mais plutôt un fonds de récompense pour les succès acquis.
Le Fonds pour l’innovation, lancé en 2020, devait mobiliser 40 milliards d’euros pour financer des technologies innovantes dans des domaines tels que les énergies renouvelables, l’hydrogène, le stockage d’énergie et le captage du carbone. Cependant, les résultats obtenus jusqu’à présent sont en deçà des attentes.
Le rapport met en lumière plusieurs dysfonctionnements, tels que la dépendance du financement aux fluctuations du prix du carbone, l’accumulation importante de fonds non utilisés, le manque de flexibilité du cadre juridique et le recentrage des priorités politiques sans analyse approfondie. L’impact climatique des projets financés reste limité, avec seulement 5 % de l’objectif de réduction des émissions de CO2 atteint.
La Commission européenne, bien que reconnaissant certains des problèmes soulevés, souligne qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur l’efficacité du Fonds pour l’innovation. Cependant, elle accepte de mettre en place des mesures pour accélérer le déploiement des fonds et améliorer l’évaluation des projets.
En conclusion, le rapport met en lumière la nécessité d’accepter l’échec comme faisant partie intégrante du processus d’innovation. Un fonds qui ne peut tolérer l’échec ne peut véritablement soutenir l’innovation. Il est donc primordial d’optimiser la gestion du Fonds pour l’innovation afin de favoriser un véritable impact sur la transition énergétique en Europe.




