La compétition nationale de recherche scientifique et technologique destinée aux lycéens est mise en œuvre par le ministère de l’Éducation et de la Formation depuis l’année scolaire 2012-2013, sur le modèle de l’ISEF des États-Unis. Depuis 2022, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’enseignement général de 2018, la compétition en sciences et technologies est de plus en plus étroitement liée au développement des qualités et des compétences. Les activités de recherche scientifique et technologique sont devenues une méthode d’apprentissage, notamment par le biais de l’apprentissage par projets.
Cependant, le concours présente encore des lacunes. La principale est la disparité régionale. Les écoles des zones urbaines, dotées d’infrastructures et d’enseignants de qualité, bénéficient d’un net avantage, tandis que les élèves des zones rurales et montagneuses manquent de matériel, d’encadrement et d’un environnement de recherche adapté. Cet écart nuit directement à l’équité du concours.
Un autre problème préoccupant est le phénomène des élèves qui font le travail à la place d’autrui. De nombreux sujets dépassent leurs compétences réelles. De plus, de nombreux sujets de recherche manquent d’originalité, sont répétitifs ou suivent des tendances grandioses pour remporter des prix, ce qui nuit à la créativité. La pression des résultats transforme parfois les compétitions en une course aux titres.
Il est essentiel de développer une culture de l’intégrité scientifique dans les écoles. Lorsque les élèves comprendront que l’honnêteté prime sur les récompenses, la compétition s’autorégulera naturellement et sainement. La compétition n’est pas qu’un simple terrain de jeu, mais un miroir reflétant notre conception de l’éducation.
Le concours ViSEF en lui-même n’est pas en cause. Son objectif premier est d’offrir aux élèves la possibilité d’apprendre la démarche scientifique : poser des questions, formuler des hypothèses, mener des expériences, analyser des données et défendre leurs résultats face à la critique. Il ne s’agit donc pas d’une simple présentation de travaux, mais d’un processus d’apprentissage par la recherche.
Une bureaucratisation a perverti la nature même de la compétition. Le terrain d’expérimentation académique a été abaissé à la logique d’un mouvement : rivaliser pour atteindre des quotas, pour obtenir des résultats.






