Dans un rapport publié début 2026, l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) fait un état des lieux détaillé des systèmes de lubrification par air (ALS). Bien que leur potentiel en termes d’efficacité énergétique soit reconnu, leur déploiement reste conditionné par des incertitudes techniques, économiques et opérationnelles qui influent directement sur les décisions d’investissement des armateurs.
Réduire la consommation sans modifier les carburants ni les chaînes propulsives est l’un des principaux leviers recherchés par le transport maritime dans sa trajectoire de décarbonation. Les systèmes de lubrification par air s’inscrivent dans cette logique : en injectant de l’air sous la carène, ils réduisent la résistance hydrodynamique et, par conséquent, la puissance propulsive requise.
Selon l’étude de l’AESM, les gains peuvent atteindre jusqu’à 4 % de consommation de carburant dans certaines conditions. À grande échelle, ce potentiel représenterait environ 1,1 million de tonnes de fuel économisées par an sur un échantillon de plus de 9000 navires, soit près de 3,5 millions de tonnes de CO2 évitées.
Une technologie en phase de consolidation
Au final, l’Agence européenne pour la sécurité maritime considère les systèmes de lubrification par air comme une option crédible pour améliorer l’efficacité énergétique des navires. Leur diffusion à grande échelle dépendra cependant de la capacité du secteur à réduire les incertitudes sur les performances réelles, à stabiliser les modèles économiques et à intégrer ces solutions dans un cadre réglementaire plus structuré.
Dans l’immédiat, les ALS s’inscrivent donc davantage comme un levier d’optimisation ciblée que comme une solution généralisable à l’ensemble de la flotte.
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