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Copenhague se ha convertido en la nueva capital de la música alternativa

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Cap sur Copenhague Programmée lors de la deuxième soirée With Love From, où elle participe à un concert en canon imaginé par Clarissa Connelly, Astrid Sonne, 31 ans, évoque les bienfaits d’un système d’aides publiques qui a favorisé l’émergence d’une scène musicale riche. «J’ai pu me lancer en tant qu’artiste indépendante dès 2019, grâce à un système de soutien assez solide qui permet vraiment d’approfondir ce qu’on fait», précise-t-elle. Je me sens très privilégiée. Aujourd’hui, j’habite à Londres et quand j’en parle à mes amis qui y vivent, je sens que je les choque un peu. Parmi ces aides, il faut par exemple citer la Statens Kunstfond (Fondation nationale des arts), qui accorde des bourses individuelles aux musiciens, finance des projets musicaux (les albums, les tournées, les résidences), ou le Music Export Denmark (MXD), créé en 2002, qui aide les artistes à percer à l’étranger grâce à la promotion dans les festivals (comme l’Américain SXSW) ainsi qu’à la mise en réseau avec des professionnels étrangers, dans la continuité des démarches engagées par des personnalités comme Nis Bysted. Parmi ces institutions incontournables qui ont participé à forger la scène musicale danoise actuelle, impossible de ne pas mentionner la RMC (pour Rhythmic Music Conservatory), le Conservatoire de musique rythmique. Prestigieuse école publique, elle dépend du ministère danois de la Culture, et ses études sont en grande partie financées par l’État. Fondée en 1986, elle est d’abord un conservatoire de musiques jazz, et donc «non-classiques». Nis Bysted y a longtemps enseigné : «Je sais que c’était d’abord un conservatoire de jazz, mais quand j’ai commencé à y travailler, il y a dix ans, ils voulaient s’émanciper de cette étiquette, transformer l’institution en école d’art. J’ai pu apporter quelques idées sur les manières d’apprendre la musique. Notamment celle d’abandonner le jugement en musique, de se promener autour d’elle et de pouvoir la regarder sous différents angles.» Plus encore, la RMC incarne le cœur névralgique d’une toute nouvelle scène musicale. Clarissa Connelly, au programme des soirées musicales de la Bourse de Commerce en février dernier, nous l’affirme : c’est là qu’elle a noué des liens très importants, dont celui qui l’unit à Astrid Sonne.

Aujourd’hui, la grande majorité des artistes évoquées, lorsque l’on parle de la nouvelle scène danoise, sont passées par la RMC. Erika de Casier, ML Buch, Astrid Sonne… même des artistes internationaux comme la Norvégienne Henriette Motzfeldt (du duo Smerz), se rendent à Copenhague pour y apprendre la composition. «Beaucoup d’artistes qui ne sont pas danois ont comme ancrage principal Copenhague», observe Cyrus Goberville. Étonnamment, toutes, ou presque, sont des femmes. Fait rare quand on sait que l’industrie musicale reste un bastion masculin. En 2024 en France, seulement 18 % des streams concernent des voix féminines, contre 71 % masculines, selon une étude du Centre national de la musique. Au Danemark, les chiffres ne sont pas beaucoup plus réjouissants. Selon KODA (l’équivalent danois de la SACEM), environ 20 % des artistes danois sont des femmes. Elles reçoivent seulement 10 % des revenus totaux de l’industrie, dont 9 % des revenus du streaming. En outre, aucune femme n’apparaît dans le top 10 des plus gros revenus de la musique. Agnete Hannibal, fondatrice du label 15 love (et passée par le label Escho), explore ces disparités : «En effet, s’il y a un effet de loupe sur la scène alternative actuelle menée par des femmes, je crois que c’est un peu un cache misère. En revanche, je suis optimiste pour la suite, car je vois déjà qu’elles incarnent des modèles. Cécilie [Trier, alias CTM, ndlr] a par exemple été une grande inspiration pour moi.»