Après une première saison décevante avec Rodez, le défenseur est en train de gagner sa place de titulaire, grâce à des prestations accomplies ces dernières semaines, au sein d’un collectif qui prend peu de buts.
Son parcours reflète la manière de fonctionner de Rodez. Repéré dans les divisions inférieures, Loni Laurent a découvert la Ligue 2 avec le club sang et or. L’apprentissage a été difficile, parsemé d’erreurs, de passages prolongés sur le banc ou en tribune, mais cela n’empêche pas le joueur de bientôt 25 ans (il les aura le 17 avril) de s’imposer actuellement sur la droite du trident défensif ruthénois. Le natif de Romans-sur-Isère devrait connaître ce soir à Dunkerque une sixième titularisation consécutive, lui qui avait été absent du onze de départ entre la 3e et la 24e journée, le plus souvent même en dehors du groupe.
Depuis son retour, contre Montpellier (1-0) un soir où Clément Jolibois était suspendu, il n’est plus sorti de l’équipe, en alignant des prestations convaincantes. Au point d’apparaître comme l’une des révélations de la seconde partie de saison aveyronnaise, en étant l’un des rouages d’un collectif qui ne prend quasiment plus de buts et qui tape à la porte du top 5.
Arrivé au haut niveau sur le tard
Cette émergence ressemble à une métamorphose, tant les premiers pas de Loni Laurent à Rodez, la saison dernière, n’ont pas été escortés de la même réussite. Il avait commis de nombreuses erreurs aux lourdes conséquences au fil des semaines. Sa tâche n’avait pas été facilitée par le profil de l’équipe, bien plus portée sur le spectacle que la solidité. Didier Santini, son entraîneur, avait reconnu ne pas avoir rendu service à son défenseur en l’alignant peut-être un peu trop souvent un peu trop rapidement, avant de l’écarter durant le dernier tiers de saison.
Il ne faut pas oublier que Loni Laurent découvrait alors le monde professionnel. Le défenseur avait tapé dans l’œil des dirigeants ruthénois lorsqu’il évoluait à Marignane, avec qui il a pris part à une montée en National avant d’échouer dans l’opération maintien en 2024. Au moment de son arrivée en Aveyron, son CV n’était alors pas le plus prestigieux, mais il correspond aux profils que le Raf aime dénicher, ceux qui ont emprunté les chemins de traverse et se sont construits dans la difficulté. Pour le Drômois, ce parcours tortueux est passé par les divisions régionales, sous les couleurs de Valence, avant de se faire repérer par la formation provençale.
Il n’aborde plus les matchs de la même manière
Cette ascension ne s’est pas faite sans heurt. Il lui a fallu se mettre à niveau sur certains paramètres, notamment sur le plan tactique. «Dans les clubs par lesquels j’étais passé avant, je n’avais pas forcément beaucoup bossé cet aspect. On ne faisait pas de vidéo. Quand je suis arrivé ici, c’est comme si je partais de zéro», reconnaît l’intéressé, qui estime avoir «beaucoup progressé» dans cet aspect. Il assure aussi avoir passé un cap mentalement. «J’ai beaucoup progressé, sur la manière d’aborder les matchs», affirme-t-il. «Je ne suis plus dans une optique de prouver, je sais que je suis capable. J’ai plus de lâcher-prise, ce qui permet de retrouver du plaisir, comme quand on était petit.»
Son entraîneur loue par ailleurs son attitude, son sérieux quand il jouait peu. «Un entraîneur n’a pas toujours raison, mais c’est lui qui fait les choix», rappelle Didier Santini. «Si quelqu’un abandonne en se disant ‘le coach est un con, il ne me fait pas jouer’, il me donne raison, mais malheureusement pour moi, car j’ai perdu un joueur.» Le coach sang et or ne classe pas Loni Laurent dans cette catégorie, car il voit en lui «quelqu’un qui pose de bonnes questions, qui est à l’écoute.»
«Garder les pieds sur terre»
L’intéressé estime d’ailleurs que sa période sans jouer lui a été utile : «Quand on ne joue pas, on voit le négatif de la situation, on a envie d’être sur le terrain, on se dit pourquoi ce n’est pas moi qui joue ? Avec le recul, cela permet de s’imprégner de ce que font les autres, voir ce qui marche, ce qui ne marche pas, prendre un peu de chacun. Ce n’est pas une période facile mais cela permet de garder les pieds sur terre, se rappeler d’où on vient.» Et dans son cas, de poursuivre l’apprentissage d’une division au sein de laquelle il prouve qu’il a sa place.






