Engagé dans une course contre-la-montre pour participer à la Coupe du monde, Neymar (34 ans) a brillé sur le terrain lors de la victoire de Santos, jeudi. Mais il se retrouve aussi au cœur des critiques pour des propos misogynes suite à une décision arbitrale qu’il a déplorée de manière vulgaire.
Tout avait bien commencé pour Neymar (34 ans), jeudi. Engagé dans la dernière ligne droite de sa course contre la montre pour participer à la prochaine Coupe du monde avec le Brésil, le milieu offensif a porté Santos lors de la victoire contre Remo (2-0) en championnat. Il a d’abord délivré une superbe passe décisive vers Thaciano (1-0, 40e) avant de parfaitement lancer Gonzalo Escobar qui a ensuite servi Moises sur un plateau pour le but du break (2-0, 82e).
«Se réveiller comme Chico», une expression qui juge les menstruations dégradantes
Mais les choses se sont assombries en fin de match. Après avoir feint de tirer un coup franc sur le joueur adverse Diego Hernandez, l’ancien joueur du PSG a subi les représailles de ce dernier qui l’a chargé énergiquement quelques secondes plus tard. «Ney» s’est relevé furieux, sans toutefois s’en prendre à son adversaire, et a écopé d’un carton jaune très sévère qui le privera de l’affiche contre Flamengo, dimanche au Maracana. Il a alors exprimé son sentiment d’injustice auprès de l’arbitre Savio Pereira Sampaio sur le terrain. Puis dès la fin du match en interview dans des propos taxés de misogynie par les médias et de nombreux suiveurs du championnat brésilien.
«Ce carton est injuste», a-t-il déploré auprès du diffuseur. «J’ai subi un tacle dangereux en fin de match, inutilement. Ce n’était pas le premier, mais le troisième ou le quatrième. Je suis allé protester et j’ai reçu un carton jaune. Sávio (l’arbitre) est comme ça, il s’est réveillé comme Chico (de mauvaise humeur) et est entré sur le terrain dans cet état. Il veut être la star du match, il manque cruellement de respect aux joueurs, il ne parle pas, il ne discute pas, c’est le genre de gars qui mène le jeu, qui veut tout contrôler. Il doit apprendre à gérer ça. C’est irrespectueux.»
L’expression «il s’est réveillé comme Chico» est celle pour laquelle Neymar se retrouve au cœur des critiques. D’origine portugaise, elle est synonyme de ‘cochon’ et le mot ‘chiqueiro’ (porcherie) en dérive également «faisant référence à une époque où les menstruations étaient souvent associées à la saleté», explique CNN Brasil. Être «de chico» signifiait ainsi être sale. L’utilisation de ce terme renvoie à l’idée que les menstruations sont quelque chose à combattre et/ou désagréable, et non pas simplement un processus physiologique.
«Comme il est facile de reproduire des expressions sexistes et discriminatoires», a déploré Mariana Pereira, journaliste pour ESPN Brasil, dans un message abondamment partagé. «Pendant des années, les femmes ont été mises mal à l’aise pour leurs règles. Un simple processus biologique perçu comme quelque chose de sale, des fluctuations hormonales et des douleurs physiques invalidées. Il y en a qui le défendent.»





