Ils s’entraînent avec leurs coéquipiers plusieurs fois par semaine. Mais le week-end, ils restent au bord du terrain, parfois même en tribune. En Bretagne, les demandes de licence de dizaines de mineurs non accompagnés sont restées bloquées pendant des mois. Arrivés en France sans leurs parents et pris en charge par les services de l’État et des Départements, ces jeunes footballeurs ne pouvaient pas disputer de rencontres officielles, leurs dossiers étant suspendus par la Fifa.
Plusieurs initiatives depuis fin novembre
Une situation qui va désormais évoluer. Le président de la Fédération française de football, Philippe Diallo, a demandé aux présidents de ligues d’autoriser la délivrance de licences aux mineurs non accompagnés dans un courrier daté du 4 mars.
Dans cette lettre, il rejoint l’analyse de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), rappelant que «s’agissant des mineurs non accompagnés (MNA) présents en France, leur situation relève avant tout du dispositif national de protection de l’enfance. Dès lors qu’ils sont également pris en charge par les autorités compétentes et régulièrement établis sur le territoire, leur accès à la pratique sportive organisée ne saurait être restreint en dehors des cas strictement prévus par les règlements applicables».
À Brest, Pierre Bodénez, président de la section locale de la LDH, et Luc Tréguer, président de la commission de l’engagement du District du Finistère, saluent cette évolution. Depuis fin novembre 2025, ils avaient mené plusieurs initiatives pour dénoncer cette situation jugée discriminatoire : courriers adressés au président du conseil départemental ainsi qu’aux députés et sénateurs du Finistère, conférence de presse, appui du service juridique national de la LDH et saisine de la Défenseure des droits.
Un premier enregistrement aux conditions strictes
La Fédération précise désormais que «lorsqu’un joueur mineur non accompagné remplit les conditions prévues par les règlements fédéraux, la FFF prend la responsabilité de demander aux ligues régionales de procéder à la délivrance de la licence correspondante».
Le premier enregistrement de ces joueurs mineurs étrangers restera toutefois encadré par plusieurs règles strictes : inscription en tant qu’amateur dans des clubs exclusivement amateurs, participation limitée au niveau régional et interdiction de rejoindre un club professionnel avant leur majorité.
Pour chaque dossier, plusieurs pièces devront être fournies comme une décision de justice plaçant le mineur sous tutelle de l’État ou une attestation du conseil départemental confirmant son placement, l’acte de naissance du joueur, un justificatif d’identité ainsi qu’une attestation de résidence.
«Nous demandons à la FFF et aux ligues régionales de tout mettre en œuvre pour que les licences en attente, pour certaines depuis plus de six mois, soient délivrées dans les meilleurs délais», concluent Pierre Bodénez et Luc Tréguer dans leur communiqué.






