Inicio Mundo Camerún. Comercio en línea, agricultura, reglas mundiales: la cumbre de la OMC...

Camerún. Comercio en línea, agricultura, reglas mundiales: la cumbre de la OMC finaliza sin acuerdo

17
0

Après quatre jours d’intenses discussions, la conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé s’est achevée lundi sans accord sur les dossiers clefs (réforme, commerce électronique et agriculture), sur fond de fortes tensions entre l’Inde, le Brésil et les États-Unis. Le moratoire de l’Organisation mondiale du commerce interdisant l’imposition de droits de douane sur les échanges numériques dématérialisés, en place depuis 1998, a expiré. Un revers cuisant pour les pays en développement qui demandaient sa reconduction, avec les États-Unis en tête. «L’incapacité des membres de l’OMC à parvenir à un accord politique concret à Yaoundé est particulièrement préoccupante», a réagi le secrétaire général de la Chambre internationale de commerce, John Denton. Sur plusieurs sujets, «nous avons travaillé dur» mais «nous avons simplement manqué de temps», a déclaré la directrice générale de l’OMC Ngozi Okonjo-Iweala. «Ce n’est pas le résultat escompté», a réagi le secrétaire d’État britannique aux Affaires et au Commerce, Peter Kyle, qualifiant cela de «revers majeur pour le commerce mondial». Les négociations sont entrées samedi dans une phase de marchandage intense sur les différents dossiers. Aucun compromis n’était attendu sur l’agriculture, tant les désaccords demeurent profonds sur ce sujet hautement sensible dans de nombreux pays. En revanche, les négociations dimanche semblaient se diriger vers l’adoption d’un accord, bien que minimum, sur la réforme de l’OMC, selon des sources diplomatiques et des experts. Mais des tensions sont apparues dimanche 29 mars, notamment lorsque le Brésil a lié les négociations sur le commerce électronique à celles sur le dossier agricole pour protester contre l’absence d’accord sur ce volet. Les 166 membres de l’OMC tentent depuis des années d’établir un programme de travail sur les négociations agricoles. L’objectif à Yaoundé était d’adopter une déclaration posant les bases pour la poursuite des discussions agricoles au siège de l’OMC à Genève, en Suisse. Les pays ont également échoué à s’entendre sur la réforme prioritaire de l’OMC. L’objectif était d’adopter une feuille de route en vue de relancer l’institution fragilisée par les tensions géopolitiques, les blocages des négociations et la montée du protectionnisme, alors que la guerre au Moyen-Orient perturbe les échanges mondiaux. L’organisation, dont le mécanisme de règlement des différends est partiellement paralysé en raison du blocage de la nomination des juges par Washington, peine notamment à conclure des accords en raison de la règle du consensus et doit se réformer sur plusieurs volets pour sortir d’une crise profonde remettant en question son rôle central dans la régulation du commerce international. L’aboutissement d’un accord sur la réforme était aussi lié à la résolution d’un autre enjeu concernant les droits de douane liés au commerce électronique dématérialisé. Comme à chaque réunion ministérielle, les pays ont négocié pour la reconduction d’un moratoire interdisant les droits de douane sur ces transactions. Conclu en 1998, il était renouvelé tous les deux ans environ lors de chaque conférence ministérielle de l’OMC. «Ce n’est pas la première fois que le moratoire expire», a précisé Mme Okonjo Iweala. Les États-Unis souhaitaient cette fois une reconduction permanente, proposition à laquelle de nombreux pays en développement, avec l’Inde en tête, s’opposaient par crainte d’une perte de revenus fiscaux. Un compromis sur cinq ans semblait se dessiner, mais le Brésil refusait d’aller au-delà de deux ans.