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Consecuencias de la guerra en Medio Oriente: escasez mundial de semiconductores.

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L’hélium vient à manquer en raison du blocage du détroit d’Ormuz et des frappes iraniennes sur le site qatari Ras Laffan. Un problème pour l’industrie des semi-conducteurs, qui a besoin de ce gaz pour produire ses composants. À l’autre bout de la chaîne, les produits d’électronique grand public et les voitures risquent d’être impactés.

Publié le 29/03/2026 à 17:25Temps de lecture : 3min
Consecuencias de la guerra en Medio Oriente: escasez mundial de semiconductores.
L’hélium est indispensable à la production des semi-conducteurs. Ici en Chine en 2025 (CN-STR)

Quand on parle des conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, le pétrole et le gaz arrivent au premier plan. Et pourtant, une autre matière première est concernée, et elle est stratégique : l’hélium. Votre smartphone, votre ordinateur ou encore votre voiture ont tous besoin de semi-conducteurs (de puces électroniques) pour fonctionner et ce secteur est aujourd’hui impacté par le conflit en cours. En effet, pour produire ces puces, il faut de l’hélium, un corps gazeux qui sert notamment à refroidir les disques de silicium, étape indispensable dans le processus de fabrication.

Cet hélium est un sous-produit du gaz naturel, et il est fabriqué en partie au Qatar : l’émirat assure, en temps normal, un tiers de l’approvisionnement mondial. Or, le conflit en cours a mis un coup d’arrêt à cette production. Les frappes iraniennes sur le site qatari de Ras Laffan, plus grand complexe mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), ont fait d’importants dégâts. La production a été interrompue. Et il faudra entre trois et cinq ans de travaux pour retrouver un fonctionnement normal, a déjà prévenu la compagnie publique QatarEnergy, qui a invoqué un cas de force majeure pour justifier auprès de ses clients le non-respect des contrats signés. La production qui pourrait être acheminée fait quant à elle les frais du blocage du détroit d’Ormuz. Par ce détroit, les cargaisons d’hélium transitent vers l’Asie, où se trouvent les grandes usines mondiales de semi-conducteurs.

La situation est résumée en ces termes par le groupe français Air Liquide : «À la suite de la déclaration de force majeure par QatarEnergy concernant la production de GNL et des produits associés, le secteur connaît actuellement une pénurie mondiale d’hélium.»

Le secteur des semi-conducteurs est donc en alerte. Et notamment le géant taïwanais, TSMC, dont les principaux clients sont les mastodontes américains Apple et Nvidia, le spécialiste des cartes graphiques et des solutions d’intelligence artificielle. Pour l’instant, TSMC adopte un discours rassurant et met en avant les stocks d’hélium dont il dispose pour faire face à cette situation de pénurie.

Conséquence de cette situation de blocage : les prix flambent, avec des hausses d’au moins 40%. Il est encore trop tôt pour mesurer l’impact en bout de chaîne – l’industrie tourne pour l’instant grâce aux capacités existantes – mais si la crise perdure, cela va probablement générer des retards de production pour ce qui est des smartphones, ordinateurs, consoles de jeux, voitures, avec à la clé donc des hausses de prix. Le secteur de l’imagerie médicale est également concerné car il est aussi consommateur d’hélium.

Cette situation de pénurie montre, une nouvelle fois, l’importance de diversifier les sources d’approvisionnement. En dehors du Qatar, il y a d’autres pays producteurs : les États-Unis, premier fournisseur mondial d’hélium, vont donc sans doute profiter de cette crise. L’Algérie aussi est bien placée. Quant à la Russie, elle est aussi un acteur important, mais les sanctions européennes amoindrissent sa capacité à être un relais.

La production d’hélium est donc gérée par des pays qui peuvent faire défaut. Dès 2023, l’association américaine de l’industrie des semi-conducteurs avait d’ailleurs souligné la fragilité de cette ressource stratégique, concentrée dans des pays présentant un risque géopolitique.