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África: Día Mundial de la Tuberculosis

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Chaque 24 mars, la Journée mondiale de la tuberculose est commémorée, en mémoire de la découverte du bacille responsable de la maladie par Robert Koch en 1882. Plus d’un siècle plus tard, cette infection continue de peser lourdement sur les systèmes de santé, en particulier sur le continent africain. Placée sous le thème «Oui, nous pouvons éradiquer la tuberculose», cette Journée mondiale rappelle ainsi une évidence : la bataille est loin d’être gagnée.

Une menace réelle et persistante Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la tuberculose figure toujours parmi les maladies infectieuses les plus meurtrières au monde, avec des millions de nouveaux cas recensés chaque année.

En Afrique, la tuberculose reste une urgence silencieuse. Dans son message livré ce lundi 23 mars 2026, le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique nigérien, le Médecin col. Garba Hakimi, a annoncé 17 406 cas de tuberculose, toutes formes confondues, détectés en 2025 au Niger, dont 13 607 nouveaux cas de tuberculose pulmonaire, la forme la plus contagieuse, et 298 cas de co-infection TB/VIH, soit 2%.

Au Sénégal, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique indique qu’en 2025, sur 20 983 cas attendus, seuls 16 158 ont été détectés, laissant 4 825 cas non diagnostiqués, principaux moteurs de transmission de la maladie. Il précise également que près de 480 décès ont été enregistrés.

L’Afrique du Sud, ainsi que la République démocratique du Congo, concentrent une part importante des cas mondiaux. En Afrique du Sud, par exemple, l’incidence de la tuberculose demeure l’une des plus élevées au monde, aggravée par la co-infection avec le VIH.

Des avancées notables face aux fragilités structurelles Malgré ce tableau préoccupant, des progrès significatifs ont été enregistrés. L’introduction de tests de diagnostic rapide, le renforcement des programmes nationaux de lutte et l’amélioration de l’accès aux traitements ont permis de sauver des millions de vies.

Dans plusieurs pays africains, des initiatives innovantes émergent. L’utilisation d’outils numériques et d’algorithmes basés sur l’intelligence artificielle permet aujourd’hui d’accélérer le dépistage, notamment à travers l’analyse automatisée des radiographies pulmonaires. Ces technologies offrent de nouvelles perspectives, en particulier dans les zones où les spécialistes sont rares.

Cependant, ces avancées restent fragilisées par des obstacles persistants : sous-financement chronique, inégalités d’accès aux soins, et stigmatisation des malades. À cela s’ajoute la menace croissante des formes résistantes aux médicaments, qui compliquent davantage la prise en charge. Si les innovations technologiques, notamment l’intelligence artificielle, ouvrent des perspectives prometteuses, elles ne suffisent pas à elles seules à combler les lacunes structurelles.