Inicio Mundo Trump y el problema estratégico iraní: configuración geopolítica de una guerra imposible

Trump y el problema estratégico iraní: configuración geopolítica de una guerra imposible

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La montée en puissance du dispositif aérien et naval américain et israélien est très visible, mais les options opérationnelles concrètes restent difficiles à formaliser. La raison principale tient moins au manque de capacités militaires qu’aux contraintes structurelles du théâtre iranien.

Notamment :

– La géographie du pays limite fortement la gamme des opérations décisives possibles : profondeur stratégique considérable, dispersion des infrastructures, durcissement des sites militaires et impossibilité pratique d’une invasion conventionnelle. – À ces contraintes physiques s’ajoutent des limites politiques. – Les États voisins redoutent d’être entraînés dans le conflit et de devenir des cibles directes, tandis qu’aux États-Unis, l’absence d’appétit pour une guerre terrestre prolongée constitue une contrainte stratégique majeure. – L’ensemble pousse vers des options militaires limitées par conception.

Dans ce cadre, le scénario le plus probable serait une opération ressemblant à celle conduite en juin 2025, reposant sur une combinaison d’actions spéciales et de frappes aériennes, cette fois dirigées prioritairement contre les réserves et infrastructures liées aux missiles balistiques iraniens.

Il s’agirait ainsi moins de remporter une victoire militaire totale que de produire un choc opérationnel destiné à créer un fait accompli politique. Israël comme les États-Unis ont montré récemment leur capacité à générer la surprise stratégique là où elle était jugée improbable et à transformer un succès militaire limité en avantage politique immédiat. Cette logique correspond à leur manière contemporaine de faire la guerre : frapper vite, profondément et de façon ciblée, sans s’engager dans une occupation durable.

Du point de vue iranien, le conflit de l’été précédent n’a pas été interprété comme une défaite. Malgré le choc initial des frappes israéliennes, Téhéran a montré sa capacité d’absorption et de riposte, et le cessez-le-feu est intervenu avant que les objectifs de guerre adverses soient pleinement atteints. Au sein des Gardiens de la Révolution, certains considéraient même qu’une prolongation du conflit aurait pu devenir avantageuse, en usant progressivement les défenses israéliennes et en augmentant les coûts humains pour l’adversaire.

Un scénario moins probable consisterait en une mauvaise lecture occidentale de l’opération «Midnight Hammer», conduisant Israël et les États-Unis à reproduire mécaniquement le même modus operandi. Ils pourraient alors se heurter à une défense iranienne mieux préparée, éventuellement renforcée par des capacités nouvelles, notamment en matière de défense sol-air ou d’aviation.

Cette situation révèle le retour d’un problème stratégique classique : celui de l’échelle. Les technologies avancées et les opérations spéciales permettent d’obtenir des succès tactiques spectaculaires, mais elles peinent à résoudre des problèmes politiques et militaires à l’échelle d’un État continental doté d’une forte profondeur sociale et territoriale.

La stabilité du régime iranien semble ainsi reposer sur sa capacité à entrer durablement dans une logique de guerre contre la société elle-même. Au total, une campagne militaire contre l’Iran apparaît militairement faisable mais politiquement indécidable. Les États-Unis et Israël disposent des moyens de dégrader sévèrement les capacités militaires iraniennes et de produire des effets tactiques significatifs, mais la transformation stratégique recherchée reste hors de portée d’une approche reposant exclusivement sur la puissance aérienne et les opérations spéciales.