Brève introduction
Nous vivons l’un de ces moments dont l’histoire se souviendra pendant des décennies : un conflit d’intensité variable – une «guerre d’intensité variable», comme je l’ai décrit – qui menace de se transformer en un incendie aux proportions systémiques si les acteurs impliqués ne trouvent pas, avec l’urgence que la situation exige, un interlocuteur crédible et doté d’une autorité suffisante du gouvernement iranien.
Le 16 avril 2026 s’annonce chargé de signaux contradictoires : le président Trump déclare que la guerre avec l’Iran est «sur le point de prendre fin» ; le général pakistanais Asim Munir – que Trump a qualifié de «mon général préféré» – arrive à Téhéran avec des messages de Washington dans ses bagages ; l’oligarchie djihadiste iranienne propose le libre passage des navires omanais par le détroit d’Ormuz ; le Trésor américain élargit ses sanctions ; la Thaïlande perd des investissements étrangers ; et l’organisation terroriste du Hezbollah menace publiquement l’État libanais souverain de représailles pour avoir osé négocier avec Israël.
Cinq informations, un même dénominateur : le monde joue, en l’espace de quelques jours, la différence entre une «fracture systémique contenue» et une catastrophe géoéconomique sans retour.
Les États-Unis restent optimistes quant à un accord avec l’Iran tout en durcissant la pression économique
Faits
Le président Donald Trump a déclaré mercredi lors d’une interview diffusée sur Fox Business, animée par Maria Bartiromo, que la guerre avec l’Iran était «sur le point de prendre fin». La Maison Blanche a confirmé le même jour qu’elle était «satisfaite des perspectives d’un accord», désignant Islamabad comme lieu probable d’un deuxième cycle de pourparlers en présentiel.
En même temps, le département du Trésor américain a imposé des sanctions à plus d’une vingtaine de personnes, d’entreprises et de navires liés au commerce pétrolier iranien, constituant ainsi la pression économique la plus intense de la campagne de coercition maximale déployée depuis le début de l’opération Epic Fury le 28 février. Le blocus naval américain – annoncé quelques jours auparavant – a paralysé, selon le Commandement central des États-Unis, le commerce maritime de l’Iran. Washington a précisé qu’il n’y avait, pour l’instant, aucune nouvelle condition convenue pour une prolongation du cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, ni pour un accord de paix durable.
Implications
La simultanéité de l’optimisme rhétorique de Trump et du durcissement des sanctions n’est pas contradictoire : elle répond à la logique de la négociation de pression maximale, qui consiste à augmenter le coût de la résistance iranienne tout en laissant entrebâillée une issue diplomatique. Le problème structurel le plus pertinent est l’absence d’un interlocuteur iranien disposant de la pleine autorité pour s’engager.
Le paradoxe de la décapitation – que j’ai souligné depuis le début du conflit – opère dans toute sa crudeur : plus la coalition frappe les sommets du Corps des gardiens de la Révolution islamique, plus la chaîne de commandement du régime se fragmente et plus il devient difficile pour un survivant du triumvirat au pouvoir – le général Ahmed Vahidi, Mohamed B. Zolghadr et Rezaei – de signer quoi que ce soit avec des garanties de respect. Le vice-président JD Vance avait précédemment qualifié l’offre américaine d’une «offre finale et meilleure», ce qui réduit la marge de manœuvre iranienne, mais aussi la sienne.
Perspectives et scénarios</




