Des escrocs envoie des SMS frauduleux depuis des voitures à Paris
Thomas Martin
Publié le
Des voitures circulant dans les rues de Paris et envoyant des SMS frauduleux aux téléphones autour d’elles. C’est le système d’escroquerie high-tech qui vient d’être jugé par le tribunal correctionnel de Paris. Selon l’enquête, près de 3,7 millions de téléphones ont été accrochés par l’une des machines utilisées dans cette arnaque. Vendredi 13 février, sept personnes ont été condamnées à des peines allant jusqu’à cinq ans de prison ferme pour cette escroquerie utilisant une technologie d’interception habituellement réservée aux services de police ou de renseignement.
Des millions de téléphones visés
L’enquête a révélé que les escrocs utilisaient un appareil appelé IMSI-catcher, une technologie capable d’intercepter les communications téléphoniques. Habituellement, ce type d’équipement est utilisé par les services de police ou de renseignement dans certaines enquêtes.
Installées dans des voitures roulant à basse vitesse dans Paris, ces machines permettaient de capturer les téléphones situés à proximité et d’envoyer directement des SMS frauduleux.
Selon une expertise technique, 3,7 millions d’appareils ont ainsi été accrochés par l’une des machines impliquées dans l’affaire.
L’alerte d’Orange
L’affaire remonte à la fin de l’année 2022. L’opérateur Orange avait porté plainte après avoir détecté un comportement radio inhabituel sur les téléphones de certains abonnés. Ceux-ci recevaient des SMS frauduleux sans que les messages passent par le réseau de l’opérateur.
Peu après, lors d’un contrôle routier dans Paris, des policiers ont intercepté une voiture transportant dans son coffre un IMSI-catcher.
L’enquête a ensuite permis de remonter jusqu’à plusieurs équipes ayant utilisé ces appareils pour diffuser massivement des messages d’hameçonnage.
Une technologie utilisée par les escrocs
Les machines avaient été achetées auprès d’un fournisseur chinois et utilisées entre 2022 et 2023 pour envoyer des SMS frauduleux. Les escrocs circulaient dans la capitale afin de capter les téléphones présents dans les environs et leur envoyer des messages destinés à récupérer des données personnelles.
Le président du tribunal, Guillaume Daëff, a souligné la gravité de ces pratiques.
« Les pouvoirs publics luttent depuis de nombreuses années contre la publicité non désirée (…) L’utilisation d’une telle machine de diffusion cellulaire met en échec cet effort régulatoire »
Des peines jusqu’à cinq ans de prison
Les peines les plus lourdes ont été prononcées contre deux hommes, responsables d’une société ayant acquis un IMSI-catcher et organisé son utilisation dans des voitures conduites par des «mules». Ils ont été condamnés à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé.
Le fournisseur chinois ayant vendu les machines a, lui, écopé de quatre ans de prison ferme. Les autres condamnés ont reçu des peines allant de six mois avec sursis à deux ans de prison ferme.
Le tribunal a également condamné les escrocs à verser des dommages symboliques à l’Agence nationale des fréquences et à Orange, partie civile dans cette affaire.
Avec AFP
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