Il y a des règles qui changent une carrière. Et d’autres qu’on préfère laisser filer. Dans le cadre du Vidéo Club de Konbini, diffusé le 2 mai 2026, Benoît Magimel s’est replongé dans plusieurs films marquants de son parcours. L’acteur de 51 ans a évoqué ses souvenirs de tournage, ses débuts, mais aussi certains projets qu’il a préféré décliner. Parmi eux, un monument du cinéma français, Mesrine : L’instinct de mort. Le film de Jean-François Richet, sorti en 2008, avait finalement été porté par Vincent Cassel dans le rôle du célèbre gangster. Une performance devenue culte. Pourtant, avant lui, c’est bien Benoît Magimel qui avait été approché.
Benoît Magimel ne se sentait «pas crédible» pour jouer Mesrine
Benoît Magimel a expliqué avec franchise pourquoi il avait refusé ce rôle pourtant très convoité. À l’époque, le comédien ne se sentait tout simplement pas à la hauteur physiquement pour incarner Jacques Mesrine. «J’ai 30 ans, je fais 64 kilos, je me bats pour prendre du poids. Et c’est simplement que ce n’est pas le moment pour moi», a-t-il confié. Une décision prise loin de toute frustration ou caprice d’acteur. Au contraire, Benoît Magimel estimait que le personnage demandait une présence et une maturité qu’il n’avait pas encore. «Les autres ne comprennent pas, mais je ne peux pas être crédible. Je vais voir mes potes, je me regarde dans la glace, je fais : ‘je vais pas y arriver’. La voix, tout, je suis trop jeune», a-t-il poursuivi. L’acteur explique également que les délais imposés par la production l’avaient refroidi. «Vincent Cassel s’était retiré du projet avec le réalisateur qui devait le faire et il a eu raison, je pense. Et moi on me propose ça derrière, sauf qu’on me dit que je dois le faire dans deux mois…», s’est-il souvenu.
Vincent Cassel finalement choisi pour un rôle devenu mythique
Avec le recul, Benoît Magimel estime avoir fait le bon choix. L’acteur considère qu’un rôle aussi intense ne peut pas se jouer dans la précipitation. «Il faut être crédible dans ce que l’on fait et ça sert à rien de forcer quand c’est pas le moment, quand les planètes ne sont pas alignées», a-t-il expliqué avec lucidité. Une philosophie qu’il applique toujours aujourd’hui dans ses choix de carrière. À l’affiche de cette année du très attendu La bataille de Gaulle, Benoît Magimel semble plus serein que jamais sur les décisions qu’il a prises au fil des années. Et aucune jalousie envers Vincent Cassel, bien au contraire. L’acteur a même salué la performance de son confrère dans le diptyque consacré à Jacques Mesrine : «Vincent Cassel l’a fait extrêmement bien», a-t-il reconnu. Près de vingt ans après la sortie du film, cette révélation donne un tout autre éclairage à l’un des rôles les plus marquants du cinéma français des années 2000.





