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Bajo el dominio de Bolloré, el director de la película de apertura no ve, por el momento, ningún problema.

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Un événement discret mais symbolique a eu lieu sur la Croisette lors de la projection en ouverture du Festival de Cannes 2026 de «La Vénus électrique». Lorsque le logo de Canal+, financeur du film, est apparu à l’écran au début de la projection, les applaudissements se sont arrêtés. Pourtant, quelques instants plus tard, celui de France Télévisions avait, lui, été accueilli par des applaudissements.

Derrière cette protestation muette se cache la réaction du monde du cinéma présent sur la Croisette à la tribune publiée dans «Libération» le lundi 11 mai par 600 professionnels du cinéma appelant à «résister à l’emprise» de Vincent Bolloré sur le 7e art. En conférence de presse, ce mercredi 13 avril, Pierre Salvadori, réalisateur du film avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche, a donc été invité à réagir à cette tribune et plus largement à la mainmise grandissante du milliardaire d’extrême droite, en tant qu’actionnaire de Canal+.

Avant d’évoquer la tribune (notamment signée par l’actrice Vimala Pons, au casting de «La Vénus électrique»), le cinéaste Pierre Salvadori a commencé par rappeler son engagement historique auprès de la Société des réalisateurs de films pour «défendre une certaine idée du cinéma : la diversité et l’indépendance». Concernant la pétition, le réalisateur affirme «que ce n’est pas comme ça» qu’il «aborde la politique», avant de souligner son profond respect pour «cette émotion et cette inquiétude».

«La façon dont on fonctionne avec Canal+ depuis très longtemps est assez simple : Canal a une obligation d’investir dans le cinéma. Ces obligations sont encadrées. Avec des clauses de diversité et de volume et une garantie d’indépendance», a-t-il expliqué sur un ton hésitant. Il affirme au passage que ces différents garde-fous sont garantis par «Laurent Hassid (directeur des acquisitions cinéma chez Canal, ndlr) et Maxime Saada (directeur général du groupe Canal+), avec qui on a des rapports forts». Le réalisateur de «La Vénus électrique et En liberté» admet toutefois ne pas connaître personnellement Maxime Saada, qui reste selon lui «un garant de tout ça».

Pour autant, le réalisateur de «La Vénus électrique et En liberté» refuse d’admettre qu’une bascule s’est déjà opérée. «Tant que je ne me sens pas trahi à cet endroit-là et tant qu’ils respectent ça, je suis à l’aise. Mais le jour où on me demande de faire un autre film ou une biographie sur je ne sais qui, vous voyez ce que je veux dire… J’irai me faire voir ailleurs. Je ne ferai plus des films si on ne me laisse pas les faire avec liberté».

«Mes interlocuteurs sont les mêmes qu’avant l’arrivée de Bolloré», confie également Pierre Salvadori, soulignant travailler d’abord avec des producteurs indépendants. «C’est avec lui et pour lui que je travaille», a-t-il ajouté en se tournant vers son producteur Philippe Martin.

«Pour l’instant, cette indépendance à Canal y est encore», a confirmé le producteur de Pierre Salvadori. «Il faut avoir cette vigilance essentielle dans le cinéma français, mais en même temps on ne peut se mettre dans une situation de crise avec Canal+. Cette crise n’existe pas et il n’y a pas d’intervention de Canal+ sur le contenu des films», a fini par trancher Philippe Martin, tandis que Pierre Salvadori a repris la parole pour évoquer l’illusion de contre-pouvoir provoquée par l’arrivée des plateformes de streaming. «Le rapport des plateformes au cinéma, c’est celui qu’ils peuvent avoir à la télé aux États-Unis, c’est-à-dire qu’il y a très peu de liberté à cet endroit». Ce qui n’est, selon lui, pas encore le cas avec Canal+, qui reste à ce jour le premier financeur du septième art français.