Inicio Espectáculos Gironde: El Ópera de Burdeos resucita a Augusta Holmès, compositora romántica.

Gironde: El Ópera de Burdeos resucita a Augusta Holmès, compositora romántica.

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Filleule d’Alfred de Vigny, elle fut d’abord une pianiste prodige mais apprit aussi l’orgue, la clarinette et le chant avant d’être élève de César Franck en composition. Ses œuvres furent louées par Liszt, toujours généreux, et même Debussy, qui ne l’était pas, et Saint-Saëns l’a demandée en vain en mariage. Ses activités musicales ne l’ont pas empêchée d’avoir cinq enfants avec l’écrivain Catulle Mendès et de s’engager comme ambulancière pendant la guerre franco-prussienne de 1870.

Disparue du répertoire Admiratrice de Wagner, elle assiste en 1876 à l’inauguration du Palais des festivals de Bayreuth et à la création de la Tétralogie. Comme lui, elle croit en l’œuvre d’art totale, écrit le livret de ses opéras et utilise des leitmotivs mais sa musique reste apparentée à l’école française, de Meyerbeer à Massenet. N’ayant pu faire jouer ses trois premiers opéras, elle mit treize ans à obtenir que son quatrième, «La Montagne noire», achevé en 1882, soit créé à l’Opéra de Paris. Elle fut seulement la troisième femme à avoir cet honneur après Élisabeth Jacquet de La Guerre en 1694 et Louise Bertin en 1836. Le président de la République Félix Faure et le ministre de l’Instruction Publique Raymond Poincaré assistèrent à la première le 8 février 1895 mais, après 13 représentations, l’œuvre disparut du répertoire… comme beaucoup d’autres.

Elle a été exhumée à l’Opéra de Dortmund en 2024 à l’initiative du centre de musique romantique française Palazzetto Bru Zane qui l’enregistrera à Bordeaux. La critique y a entendu «une orchestration voluptueuse» que l’ONBA, dirigé par Pierre Dumoussaud fera resplendir, «des lignes vocales séduisantes» et «l’incarnation sidérante du rôle de Yamina par Aude Extrémo» qu’on retrouvera à Bordeaux aux côtés du ténor Julien Henric.

Du studio au spectacle Dominique Pitoiset, qui fut directeur du Théâtre national Bordeaux Aquitaine de 2004 à 2013, est chargé de la mise en scène : «Je suis très heureux de revenir à Bordeaux mais qu’on ne s’attende pas à une véritable mise en scène comme celle que j’avais faite de ‘Salomé’ de Richard Strauss lors de l’ouverture de l’Auditorium en 2013. Je suis seulement chargé, en cinq jours et en respectant la démarche ‘zéro achat’, de permettre au public de découvrir une œuvre destinée à être enregistrée. J’ai donc choisi de montrer l’envers du décor, de transformer progressivement un studio d’enregistrement en spectacle. Heureusement, la distribution est d’une qualité exceptionnelle et Augusta Holmès a une plume très intéressante.»

On ne déflorera pas l’intrigue : c’est si rare de ne pas connaître la fin quand on va à l’opéra!