Jamais le Grand Palais de Paris n'avait accueilli de sport de combat depuis plus de quatre-vingt ans. Ça sera le cas ce jeudi soir (dès 18h30) pour un Championnat du monde de kickboxing ISKA organisé par le Français Cyril Benzaquen, septuple champion du monde de la discipline en poids moyen. L'une des attractions de ce gala international sera la présence de l'Iranienne Shiva Nariman, opposée à la Française Jeanne Huron pour un titre mondial en super léger.
Cette kickboxeuse de 24 ans a fui son pays en 2023 avec sa sœur et sa mère. Direction la Turquie puis la Grèce, afin de poursuivre librement la pratique de son sport, avec un entraîneur masculin et sans voile. « C'est un symbole fort, elle a fui son pays avec la situation compliquée que l'on connaît depuis des années, indique l'organisateur Cyril Benzaquen à CNEWS. Elle mène un combat pour la voix des femmes du monde qui se battent pour leurs droits. »
Shiva Nariman a « reçu beaucoup de menaces »
Surnommée « Gladiator », comme elle le met en avant sur son compte Instagram, la jeune combattante a confié son parcours atypique à France Télévisions, à commencer par son arrivée clandestine en Europe, avant d'obtenir un statut de réfugiée en Grèce.
« Quand j'étais en Turquie, j'ai reçu beaucoup de menaces, parce que j'étais la première femme iranienne à avoir remporté un titre en Coupe du monde, et que je combattais sans voile, raconte-t-elle. Je sais que je ne pourrai plus rentrer en Iran de toute façon. On m'a traitée de traître à la nation, il va falloir que je trace ma vie ailleurs. »
Notre dossier sur l’Iran
Déterminée à « être numéro 1 » dans son sport, Shiva Nariman indique : « Je combats pour mon peuple. Je ne m'intéresse pas à la politique en tant que telle. Je veux être la voix des femmes, notamment celles de mon pays ».



