Des coups sur le terrain et des noms d’oiseaux en tribune… Dans le Gers, un match de Départemental 3 a tourné court : excédée par un climat de tension propice aux débordements, une formation a fait le choix de ne pas revenir sur la pelouse après la pause pour protéger ses joueurs, malgré la menace d’un retrait de point. Plus d’une semaine après les faits, le dirigeant à l’origine de l’arrêt de la partie tient à tourner la page.
Des nerfs qui lâchent, des coups qui partent et une rencontre arrêtée après 45 minutes. C’est le triste dénouement d’un match de Départemental 3 dans le Gers, entre deux équipes condamnées avant même le coup d’envoi à descendre d’un étage l’an prochain.
Pendant que s’ouvrait le Festival de Bandas à Condom, le week-end dernier, la poule D du plus bas niveau départemental se clôturait… dans la confusion : la partie entre Saint-Sauvy et la RS Pessan n’a jamais été à son terme, stoppée à la pause après le départ des visiteurs. «C’est minable pour l’image du club», déplore Fabien Vivès, vice-président et coach du RSP. «On ne part pas pour jouer un match et le finir comme ça.»
«C’est pourtant ce même dirigeant qui a pris la décision, en concertation avec son groupe, d’arrêter le match à la mi-temps. Le score était alors nul et vierge. Un choix singulier s’inscrivant dans une démarche de précaution, pour éviter que le second acte ne dérape davantage. En première période, ‘il y avait eu plusieurs altercations’, explique Fabien Vivès. ‘Des coups ont été portés des deux côtés’, ajoute-t-il.»
Une tension palpable sur le terrain, mais aussi en dehors : «Ça commençait aussi à s’insulter en tribune entre les supporters des deux clubs, un peu à cause de nous aussi, parce qu’on avait un groupe de jeunes qui aiment bien brancher», reconnaît, en toute franchise, le vice-président du RSP.
Cette atmosphère électrique, où la moindre étincelle risquait de tout embraser, conjuguée à une absence d’enjeu, a donc conduit le club visiteur à écourter les débats.
Plus d’une semaine après les faits exposés, l’heure n’est plus à mettre de l’huile sur le feu. Bien au contraire. «Je n’ai pas de problème avec la présidente ni avec les joueurs adverses,» martèle Fabien Vivès. «On ne gardera pas de contentieux avec eux. Il faut savoir tourner la page», confie-t-il, désireux de balayer d’un revers de la main toute tension persistante.
Quant au sort définitif de cette rencontre, celui-ci n’est pas encore connu. Mais l’article 8 des règlements généraux du District du Gers ne laisse que peu de place au doute : «Si une équipe abandonne volontairement le terrain en cours de partie, elle sera déclarée battue par pénalité», peut-on lire. Si aucune sanction officielle n’est tombée, le coach ne regrette en rien sa décision. «Ce n’est pas dramatique. Je préfère une défaite plutôt qu’une cheville cassée», conclut-il avec un bon sens évident.




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