Inicio Deportes Luis Fernandez, Oumar Sène, Safet Susi, Dominique Rocheteau… Ils se se souviennent...

Luis Fernandez, Oumar Sène, Safet Susi, Dominique Rocheteau… Ils se se souviennent du 1er titre du PSG

39
0

Rien ne laisse encore deviner ce premier titre en ce début de saison 1985-1986. Mais, très vite, la confiance s'installe. « Le groupe mûrissait, grandissait », se souvient Luis Fernandez, milieu de terrain et nommé capitaine du PSG dès le début de cette saison historique. « En 82 et 83, on gagne deux fois la Coupe de France, puis on est battus lors de notre troisième finale en 1985. Mais on sentait que le club prenait forme », rappelle-t-il.

Certains sentent très tôt que le titre est à portée de main. Le défenseur Jean-Marc Pilorget en est convaincu mais il préfère garder cette intuition pour lui : « Au bout de cinq matches, je le sentais. Je n'en ai parlé à personne, mais j'étais persuadé qu'on irait au bout », confie aujourd'hui celui qui a longtemps été le recordman du nombre de matchs disputés avec le club parisien (435), avant d'être seulement dépassé, en 2024, par le Brésilien Marquinhos.

La suite après cette publicité

Même sensation pour le Sénégalais Oumar Sène : « On enchaînait les résultats. Au bout de cinq ou six matchs, on s'est rendu compte qu'il y avait déjà un groupe en place. » En cette saison 1985-1986, le championnat de France de première division, son nom de l'époque, se dispute à 20 clubs pour 38 rencontres. Dès la 3e journée, le PSG se hisse à la première place. Il ne la quittera plus.

La suite après cette publicité

« Magic Susic »

Le meneur de jeu yougoslave Safet Susic se remémore des images précises. Un match contre le Sporting Club de Bastia, finalement joué à Reims et remporté 4-2. Un autre contre le RC Lens quand le PSG est mené 2 à 0 avant de s'imposer 3-2. « Là, j'étais persuadé qu'on allait être champions », assure celui qui était surnommé « Magic Susic » pour sa finesse technique.

Pour tous les anciens joueurs interrogés, ce premier titre de champion décroché au nez et à la barbe du FC Nantes est dû à « la méthode Houllier », cet ancien professeur d'anglais devenu entraîneur. Un jeune coach, tout juste arrivé du RC Lens, qui a su imposer une vision différente. « Il nous a transcendés, affirme Luis Fernandez. Il parlait, il expliquait, il posait un cadre. Et on l'a suivi. »

La suite après cette publicité

La suite après cette publicité

La méthode Houllier

Jean-Michel Moutier, deuxième gardien de but du club derrière Joël Bats, résume cette méthode : « Sa force, c'était de tirer le maximum de chaque joueur. » Dans un club encore en construction, Houllier a aussi apporté une rigueur encore inédite. « Le système était clair, adapté, et tout le monde l'a assimilé, explique Guy Adam, ex-coordinateur sportif. Le groupe s'est formé petit à petit. » « Il arrivait avec une méthode différente, estime l'ancien milieu défensif Jean-Claude Lemoult. Il était plus prof d'anglais que joueur. Mais ça marchait. » Il y a aussi une nouvelle approche plus humaine. Safet Susic s'en souvient parfaitement : « Il parlait beaucoup avec nous. Il nous faisait sortir, on allait au restaurant. Ça compte énormément dans une saison. » Jean-Michel Moutier décrit également une équipe structurée et soudée : « Il y avait un numéro 1, un numéro 2 pour chaque poste. Et puis surtout, un vestiaire sain, pas d'ego. »

De cette saison historique – outre le titre, le club ira jusqu'en demi-finale de Coupe de France, avant de s'incliner devant les Girondins de Bordeaux -, Luis Fernandez retient encore ce match à Metz où il a remplacé Joël Bats dans les buts ! « J'ai demandé à prendre sa place et je n'ai jamais eu peur. Je peux vous dire que finir dans les buts, pour moi, c'était presque un plaisir. » Le PSG repartira avec une défaite 3 à 1 mais le titre était déjà presque assuré. Safet Susic évoque aussi l'un de ses partenaires qu'il a beaucoup apprécié : Dominique Rocheteau. « Je n'ai jamais vu un mec comme ça. Il était élégant, généreux, et jamais dans la plainte. On a été sacrés champions de France et il était le deuxième meilleur buteur du championnat (Ndlr : 19 buts inscrits). Mais le PSG l'a laissé partir. J'ai trouvé ça incompréhensible. »

Élément fondateur

L'ex-Ange vert, lui, se félicite de l'hommage rendu récemment par le club à cette génération de pionniers. « J'étais hyper content quand le club nous a invités, le 19 avril, pour nous rendre hommage avant le match PSG-Lyon, confie Dominique Rocheteau. On s'est tous retrouvés. Il y avait des joueurs que je n'avais pas vus depuis longtemps et c'était hyper sympa. »

Et, avec le recul, ce premier titre en 1986 – treize autres suivront -, a été un élément fondateur. « C'est une étape de plus dans la construction du PSG, analyse Guy Adam. On a bâti ça petit à petit, comme un mur qu'on monte pierre après pierre. »

Le regard des adversaires a changé aussi. « Avant, nos victoires en Coupe étaient vues comme des exploits isolés, se souvient Pilorget. Là, on est devenus une équipe respectée. » « Le PSG n'est pas né en 1986, recadre Luis Fernandez. C'est un héritage. Avant nous, il y a eu d'autres joueurs, des présidents, des salariés. Nous, on a pris le relais. Mais ce premier titre, on s'en rappellera toujours. »

Et Safet Susic de conclure : « À l'époque, le PSG n'était pas forcément favori. Mais il y avait une ambiance, une vraie solidarité. C'était la première fois et c'était presque inespéré. »