Surprises de la saison 2026, plusieurs (jeunes) joueurs et joueuses espèrent jouer les trouble-fêtes lors du Grand Chelem parisien. Tour d'horizon.
Ils ou elles pourraient devenir les attractions de la quinzaine. Derrière les favoris et outsiders chez les hommes (Sinner, Djokovic, Zverev, Ruud, Fils…) comme chez les femmes (Sabalenka, Gauff, Swiatek, Andreeva…), des nouvelles têtes brillent en 2026 et seront à suivre de très près à  Roland-Garros, qui débute ce dimanche. Tour d'horizon.
Rafael Jódar, en pleine lumière
Jusqu'ici éclipsé par d'autres joueurs de sa génération déjà réputés et classés dans le top 30 mondial (Arthur Fils, Joao Fonseca, Learner Tien, Jakub Mensik…), Rafael Jódar, 19 ans, est passé de l'ombre à la lumière en quelques semaines. Le Madrilène (droitier, 1,91 m), vainqueur de son premier titre en ATP 250 à Marrakech début avril, débarque à Paris après une campagne aussi prometteuse qu'impressionnante sur terre battue. Demi-finale à Barcelone (battu par Fils), quart à Madrid (battu par Sinner) puis quart à Rome (battu par Darderi), celui qui n'était que 687e mondial il y a un an surprend tout le monde.
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«Il est jeune et il joue un très, très bon tennis. Je le rapprocherais de Jannik Sinner, il est très solide du fond de court, des deux côtés», a récemment vanté Arthur Fils. Même son de cloche chez Stefanos Tsitsipas : «C'est un grand talent, Son style est différent de celui de Carlos (Alcaraz). Je dirais qu'il est un mélange entre Zverev et Carlos. Je le vois bien obtenir des résultats fantastiques.» Alcaraz ayant renoncé à Roland-Garros, de nombreux regards en Espagne seront tournés vers lui. Reste à savoir comment Jódar, qui a découvert les Grands Chelems cette année en Australie (2e tour), vivra cette nouvelle réalité.
Luciano Darderi, sans faire de bruit
Lui a justement écarté Rafael Jódar en quart de finale à Rome, à l'issue d'un marathon (7-6, 5-7, 6-0) terminé à deux heures du matin. Brillant à domicile mais épuisé aux portes de la finale face à Ruud, Luciano Darderi est entré à 24 ans dans le top 20, son meilleur classement (16e), et continue de faire son trou derrière ses compatriotes Sinner, Lorenzo Musetti (forfait) et Flavio Cobolli (12e). Finaliste à Buenos Aires puis vainqueur du tournoi de Santiago cette saison, l'Italien né en Argentine aime la terre battue, en témoigne ses cinq titres ATP 250 gagnés en carrière sur la surface. Le talent est là , la confiance aussi. Encore faut-il transformer l'essai sur la plus grande scène, à Roland-Garros, où il n'a jamais dépassé le 2e tour en trois apparitions.
Alexander Blockx, le nouvel espoir belge
Lorsque l'on associe tennis et Belgique, les noms de David Goffin et Zizou Bergs ressortent en premier dans les discussions. Mais le jeune Alexander Blockx, 21 ans (1,93 m), fait encore plus parler de lui depuis plusieurs semaines. Actuel 36e au classement ATP, le Belge d'origine ukrainienne s'est extirpé des qualifications pour se hisser en 8e de finale à Monte-Carlo (battu par De Minaur) avant de tomber deux fois contre Zverev, à Madrid (demi-finale) puis à Rome (16e de finale). À son tableau de chasse durant ce printemps, on note Shapovalov, Cobolli, Auger-Aliassime, Cerúndolo ou encore Ruud. La progression est fulgurante pour le natif d'Anvers, qui va découvrir pour la première fois les joies du tableau principal à Roland-Garros.
Medjedovic, Landaluce, Prizmic…
D'autres jeunes espoirs méritent également le coup d'œil Porte d'Auteuil. Citons d'abord le Serbe Hamad Medjedovic (22 ans, 56e mondial), demi-finaliste à Barcelone puis 8e de finaliste à Rome, et l'Espagnol Martin Landaluce (20 ans, 67e) qui a fait douter Daniil Medvedev dans la capitale italienne après un premier quart de Masters 1000 perdu à Miami, en mars dernier, face à Jiri Lehecka. Également à l'aise sur terre battue, le Péruvien Ignacio Buse (22 ans, 57e) et le Croate Dino Prizmic (20 ans, 71e), tombeur de Novak Djokovic à Rome, veulent aussi jouer les trouble-fêtes.
Victoria Mboko, de révélation à confirmation ?
Chez les dames, la révélation de la saison 2025 a évidemment sa carte à jouer. Et ce malgré les doutes qui l'entourent. Finaliste à Doha puis quart de finaliste à Indian Wells et Miami cette saison, la Canadienne de 19 ans, tombeuse de Loïs Boisson mardi, se jauge sur terre battue cette semaine après une défaite d'entrée à Madrid. Et elle ne connaît pas Roland-Garros. Mais le talent de la 9e joueuse mondiale – dont le statut reste moins affirmé que celui de Mirra Andreeva (19 ans, 8e) et Coco Gauff (22 ans, 4e) par exemple – n'est plus à démontrer. Mboko a tout pour plaire au public parisien.
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Iva Jovic, adoubée par «Djoko»
Elle n'a que 18 ans mais se retrouve déjà dans le top 20 du classement WTA (17e). Née d'un père serbe et d'une mère croate, l'Américaine Iva Jovic s'est surtout révélée à l'Open d'Australie en se frayant un chemin jusqu'en quart de finale contre la patronne du circuit Sabalenka. Depuis, sur terre battue, elle s'est hissée en demie à Charleston avant un 8e de finale perdu du côté de Rome, face à Coco Gauff malgré une balle de match en sa faveur. «Je l'aime beaucoup, c'est une fille formidable qui a une famille très attachante et, bien sûr, je me sens plus proche d'elle en raison de ses origines serbes, donc je m'investis encore plus. Elle a tout pour devenir une future championne, une future numéro 1 mondiale, c'est tout ce que je lui souhaite en tout cas», vantait Novak Djokovic en début d'année après avoir rencontré la jeune adulte, «reconnaissante d'avoir eu les conseils» de son idole.
Kostyuk, Nosková, Eala…
Comme chez les hommes, pêle-mêle, mentionnons d'autres joueuses en grande forme. Certes pas méconnue sur le circuit, l'Ukrainienne Marta Kostyuk (23 ans, 15e) semble avoir franchi un cap depuis son premier WTA 1000 remporté à Madrid. Elle est à surveiller, au même titre que la Tchèque Linda Noskova (21 ans, 12e) – demi-finaliste à Indian Wells et quart de finaliste à Madrid -, la Philippine Alexandra Eala (20 ans, 38e) ou encore l'Américaine Hailey Baptiste (24 ans, 26e), classée 18e à la Race (le classement mondial sur la saison) depuis son dernier carré dans la capitale espagnole.
Sorana Cirstea, comme le bon vin
Enfin, c'est l'OVNI de 2026. Loin de rentrer dans la catégorie espoirs, Sorana Cirstea, 36 bougies soufflées, brille depuis qu'elle a annoncé sa retraite sportive à la fin de l'année. La Roumaine, classée 11e à la Race, s'est imposée chez elle à Cluj, en février, soulevant le quatrième titre de sa carrière. En WTA 1000, elle a subi trois fois d'affilée la loi de Coco Gauff, à Miami (8e de finale), Madrid (16e) et enfin Rome (demi). Pas de chance au tirage au sort… Quoi qu'il en soit, celle qui a toujours eu l'étiquette de «coupeuse de têtes» – avec ses 25 victoires face à des tops 10 (dont Sabalenka à Rome) – n'a plus rien à perdre. Peut-elle égaler son meilleur résultat à Roland-Garros, un quart de finale, établi en 2009 ?




