Ce fut un grand honneur de participer à cette réunion historique! Avec son emphase habituelle, Donald Trump a salué jeudi sur son réseau Truth Social les discussions entre les délégations israélienne et libanaise, assurant qu’elles étaient «très bien déroulées», et annonçant dans la foulée une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban.
«Cette réunion marquait le deuxième cycle de négociations de haut niveau entre les deux pays depuis la semaine dernière», alors que «le cessez-le-feu initial de dix jours, entré en vigueur vendredi dernier», devait expirer le 26 avril au soir, rappelle The Daily Telegraph.
Dans le même message, le président américain a promis de «travailler avec le Liban pour l’aider à se protéger du Hezbollah», et a appelé de ses vœux une rencontre à la Maison-Blanche, «dans un avenir proche», entre le président libanais, Joseph Aoun, et le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou.
À l’issue des discussions, Donald Trump a affirmé depuis le Bureau ovale qu’il y avait une «très bonne chance» de parvenir à un accord de paix entre les deux pays cette année.
«La présence du président américain, qui a assisté à une partie de la rencontre visant à ouvrir la voie aux négociations directes entre Beyrouth et Tel-Aviv, s’inscrit dans le cadre de l’affirmation de son intérêt personnel pour le dossier libanais», veut croire L’Orient-Le Jour.
Pour le quotidien libanais, le locataire de la Maison-Blanche cherche «activement» à obtenir un résultat sur le front libanais, «même s’il ne s’agit pas d’un accord de paix, mais plutôt d’un accord sécuritaire mettant fin à l’état de guerre» – les deux pays étant techniquement en guerre depuis 1948.
Les participants aux discussions ont eux aussi «affiché un ton optimiste» à l’issue de la rencontre, remarque Middle East Eye. L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a ainsi affirmé qu’Israël et le Liban n’avaient «jamais été aussi proches l’un de l’autre qu’aujourd’hui», tandis que son homologue libanaise, Nada Hamadeh Mouawad, a remercié Donald Trump d’avoir présidé à «ce moment historique».
Attaques réduites mais continues Ces pourparlers de paix restent cependant éminemment «fragiles», observe The Washington Post, alors que «le cessez-le-feu entre Israël et le Liban n’a été respecté que de manière ténue, avec des attaques continues – quoique réduites – d’Israël et du Hezbollah».
Le titre américain note en outre qu'»Israël est en guerre contre le Hezbollah – soutenu par l’Iran – et non contre le Liban. Et si la tenue de discussions directes entre les deux pays voisins – une première depuis des décennies – revêt un caractère historique, celles-ci doivent leur existence à la guerre opposant les États-Unis à l’Iran.»
Par ailleurs, «leurs chances de succès sont, du moins en partie, liées aux négociations de cessez-le-feu distinctes – et laborieuses – menées entre Washington et Téhéran», souligne le quotidien de la capitale américaine.
Un avis partagé par Axios, pour qui «les États-Unis souhaitent prolonger le cessez-le-feu au Liban pour deux raisons : faire progresser les pourparlers de paix directs entre Israël et le Liban, et empêcher une reprise des combats, susceptible de «compromettre les efforts visant à parvenir à un accord avec l’Iran».
Mais pour Rami Khouri, professeur de politiques publiques à l’Université américaine de Beyrouth, les pourparlers sur un éventuel accord de paix entre Israël et le Liban sont pétris de «contradictions», «faiblesses» et «vulnérabilités».
Interrogé par Al-Jazeera, il estime qu’il sera «difficile» de faire respecter la prolongation de trois semaines du cessez-le-feu, car «deux des acteurs les plus importants, le Hezbollah et l’Iran», n’y sont pas associés. «Le Hezbollah et l’Iran devraient être présents à la table des négociations, mais cela ne se produira pas», déplore-t-il.
«Les Israéliens ne souhaitent pas une paix formelle entre un Liban et un Israël jouissant de droits souverains égaux. Israël aspire à une paix semblable à la prétendue paix à Gaza», juge-t-il.
Hussein Ibish, chercheur à l’Institut des États du Golfe arabe à Washington, écrit lui aussi dans The Atlantic que le cessez-le-feu «ne résout aucune des questions fondamentales».
«C’est regrettable, car les perspectives d’une solution durable au Liban sont plus favorables que jamais – à condition qu’Israël accepte enfin de considérer le gouvernement libanais comme le partenaire indispensable qu’il pourrait être», relève-t-il.




