Sur les 24 marches du Palais des Festivals, une question obsède les curieux : combien sont payées les célébrités pour marcher sur le tapis rouge du Festival de Cannes 2026 ? La réponse casse un mythe. Le Festival de Cannes ne rémunère pas les stars pour le show. L’argent vient surtout des groupes de luxe, de la haute joaillerie, de la mode et des géants de la beauté, qui achètent quelques minutes d’exposition mondiale.
Cette montée des marches fonctionne comme un panneau publicitaire vivant, ultra ciblé. En trois minutes chrono devant les caméras, une robe Dior ou des diamants Chopard engrangent un Earned Media Value (EMV) équivalent à des campagnes de plusieurs millions d’euros. Pendant que certaines égéries issues des grandes fortunes du luxe encaissent des cachets à cinq ou six chiffres, d’autres invités paient eux-mêmes très cher pour fouler la même moquette rouge.
Qui paie vraiment la montée des marches à Cannes ? Le Festival gère l’image et la sécurité, mais ce sont L’Oréal Paris, Chopard, Armani, Versace ou les plateformes comme TikTok qui financent la plupart des apparitions glamour. Les égéries sous contrat annuel ont Cannes inscrit dans leur deal d’image, au même titre qu’une campagne mondiale. Les influenceurs très suivis peuvent, eux, voir leur séjour entièrement sponsorisé : vol, suite sur la Croisette, équipe de stylisme, en échange d’une visibilité massive sur leurs réseaux sociaux.
D’autre part, une foule d’invités ne touche aucun cachet. Les équipes de films et les membres du jury montent les marches dans le cadre de leur travail, pas d’un contrat tapis rouge. Certaines créatrices de contenu financent même intégralement voyage et tenue, puis décrochent une invitation via une marque ou une boîte de production, une opération parfois décevante quand les photographes réservent leurs flashs aux égéries officielles. Leur corps devient pourtant, lui aussi, support publicitaire.
Combien ça rapporte vraiment ? Les vrais cachets du tapis rouge en 2026 Selon le quotidien régional Le Télégramme, une apparition sponsorisée à Cannes se négocie entre 6 000 et 100 000 euros selon le prestige de la star. Les estimations d’agences spécialisées montrent qu’une influenceuse de premier plan ou une actrice montante touche fréquemment de 10 000 à 25 000 euros pour une seule montée, hors frais payés. Ce tarif se compare aux grilles 2026 du marketing d’influence, où un méga-influenceur facture 5 000 à 30 000 euros le post, mais Cannes offre en plus TV, presse et réseaux mondiaux.
Des cas emblématiques illustrent le sommet de l’échelle. En 2016, Blake Lively aurait touché environ 100 000 dollars (près de 89 100 euros) pour cinq minutes de tapis rouge en robe Versace, avant de quitter la projection. Une enquête citée par l’AFP évoque aussi deux membres du jury 2009 payées près de 90 000 euros chacune pour porter Armani lors de l’ouverture. Ces montants s’insèrent dans des contrats globaux d’égérie, où la soirée cannoise sert de vitrine maximale.
Un business sous surveillance : lois, mentions #partenariat et marché noir des invitations Depuis la loi du 9 juin 2023 sur l’influence commerciale et les recommandations de l’ARPP, un créateur devient également influenceur dès qu’il promeut un produit ou une cause contre paiement ou avantage en nature. Le texte impose que toute communication de ce type soit clairement identifiable comme publicitaire, loyale et transparente. Sur Instagram ou TikTok, une montée des marches sponsorisée doit donc afficher immédiatement une mention explicite en français du genre «partenariat rémunéré» ou un mot-dièse clair comme #Partenariat, lisible sans cliquer sur «voir plus».
Au même moment prospère un marché noir des invitations. D’après 20 Minutes, un accès tapis rouge plus projection se revend autour de 2 000 euros, tandis que certaines soirées privées atteignent 20 000 euros la place, surtout lorsqu’une star comme Leonardo DiCaprio est annoncée. Pour le public, quelques indices permettent de repérer une montée sponsorisée :
– présence sur le tapis sans film à défendre ni rôle officiel au Festival de Cannes ; – stories publiées presque aussitôt avec mention d’une marque de maquillage ou de joaillerie ; – gestuelle calibrée pour montrer une montre, un collier ou une bague face aux photographes.





