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Prière, musique et camping : près de 12.000 collégiens dÎle-de-France sont attendus dès vendredi soir dans les Yvelines pour un pèlerinage

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Comme chaque année et jusqu'à lundi, des adolescents des huit diocèses d'Île-de-France se retrouvent pour ce que les organisateurs décrivent comme «plus grand rassemblement de jeunes chrétiens de France».

Prière, musique et camping: près de 12.000 collégiens d’ÃŽle-de-France sont attendus à partir de vendredi soir à Jambville (Yvelines) pour un pèlerinage qui illustre, selon l’Église catholique, la nouvelle soif de spiritualité des jeunes. Comme chaque année et jusqu’à lundi, des adolescents des huit diocèses d’ÃŽle-de-France se retrouvent pour ce que les organisateurs décrivent comme «plus grand rassemblement de jeunes chrétiens de France». Le Frat (ou Fraternel) a lieu à Lourdes les années impaires pour les lycéens, et à Jambville, sur le domaine historique des Scouts de France, les années paires pour les collégiens.

Au programme des «Frateux» de 13-15 ans qui vont s’installer sous la tente vendredi: une vie «en village» avec des temps de débat et de jeux, mais aussi une veillée samedi soir au cours de laquelle onze jeunes seront baptisés, une messe dimanche matin présidée par l’archevêque de Paris Laurent Ulrich avant, le soir, une «veillée de louange et d’adoration» animée par le groupe de pop chrétien Glorious qui devrait être le point d’orgue du week-end.

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«Je suis allée voir des vidéos, je me suis dit que ça allait être super cool», explique Rebecca, en troisième à Villemomble (Seine-Saint-Denis), qui part «rencontrer des gens qui partagent (sa) foi». Dans la salle du collège Saint-Louis où ils règlent les derniers préparatifs, une dizaine de collégiens de 14 ou 15 ans expliquent leurs motivations. Léa n’est «pas chrétienne» mais se dit «curieuse d’explorer les gens, leur vision de la religion». Arnaud, quoique «baptisé à l’Église protestante», se sent «très catholique» et «la foi est quelque chose de très important» pour lui. «Dans ma paroisse il n’y a pas beaucoup de jeunes, ça permet de parler de Dieu différemment», explique Grégoire. «J’ai vraiment besoin d’un moment religieux en ce moment dans ma vie», abonde Julia.

«Trouver des réponses»

Tous parlent avec grand naturel de leur rapport à Dieu. Car «aujourd’hui les jeunes ont moins peur d’affirmer leur foi», explique Marguerite Niel, chargée de mission et organisatrice du Frat. Une tendance liée selon elle aux réseaux sociaux mais aussi «aux autres religions qui s’affirment parfois un peu plus». La conséquence la plus visible, pour l’Église, est sans doute la croissance des baptêmes de jeunes (+10% à plus de 8000 cette année). Le succès du Frat — dont l’édition «lycéens» a dû refuser des inscriptions en 2025 — illustre aussi cette quête de spiritualité, dans une société «où tout est compliqué, où on parle de guerre, de terrorisme, de maladie», estime Mme Niel.

«Face à ces situations anxiogènes, le Frat est un peu une bulle où les jeunes se retrouvent et peuvent échanger. Il y a un côté rassurant à se dire : je suis pas seul, ensemble on peut trouver des réponses et avancer», dit-elle. Le pélerinage créé en 1908 se veut aussi un reflet de l’Eglise actuelle. «Les grands bataillons des établissements catholiques de l’Ouest parisien voisinent avec les plus petits groupes des aumôneries de l’enseignement public des cités populaires», explique l’évêque de Nanterre Matthieu Rougé. Ainsi parmi les onze baptisés de samedi, trois viennent du diocèse de Saint-Denis (qui envoie un peu plus de 600 «Frateux»), et trois également de celui de Versailles (qui en envoie plus de 2.500).

Le pèlerinage, qui peut prendre des allures de Woodstock chrétien, essuie parfois les critiques de certains traditionalistes, qui déplorent un show façon Église évangélique. «Un gros effort musical et scénographique est déployé pour favoriser la participation joyeuse de ces jeunes très nombreux et très variés», explique Mgr Rougé. Mais les organisateurs s’emploient, ces dernières années, à atténuer le côté festival pour mettre l’accent sur le pèlerinage. «Depuis plusieurs éditions, en réponse à une quête spirituelle renouvelée des jeunes, une place plus grande est donnée à l’intériorité, au silence et à l’adoration», ajoute l’évêque de Nanterre.