1. Bien travailler près de chez soi
À Brest, la base de la pyramide est la même qu'ailleurs. L'école de foot est uniquement composée de gamins d'ici et d'à -côté. « Jusqu'aux U13, ils sont de la région brestoise », détaille Nicolas Mariller. Le cercle ensuite s'élargit. « En U14-U15, on peut avoir des garçons des régions de Quimper ou Morlaix. On veut être très bons sur nos terres et on se repose pour cela sur nos treize clubs partenaires ».
Jusqu'aux U15, les règlements fédéraux imposent que le domicile du joueur se situe à une distance maximale de 100 km du centre de formation. Ce n'est qu'ensuite que la zone de recrutement s'élargit. « À partir des U16, des garçons hors Bretagne viennent accompagner nos Finistériens, parce qu'il faut pouvoir s'exprimer sur les championnats U17 et U19 nationaux. Ils viennent généralement de la région nantaise, de Normandie, quelques-uns de Paris ». C'est ici que le Stade Brestois se distingue des autres. Le nombre de ces recrues reste en effet limité, déjà parce que le centre de formation dispose de peu places d'hébergement. « En semaine, on a vingt résidents permanents. Cela veut dire qu'on ne peut pas aller chercher beaucoup de joueurs de l'extérieur ». Des U16 jusqu'à la réserve, la moyenne de joueurs Finistériens est ainsi de 51 %. « Quand on a disputé la Youth League, il y a deux ans, neuf des dix-huit joueurs étaient issus de notre préformation ».
2. Entretenir un esprit brestois
Nicolas Mariller, au moment de sa nomination à la tête du centre de formation brestois en 2019, s'est offert une escapade d'une semaine en Espagne. Il y a visité l'Athletic Bilbao et la Real Sociedad où jouait alors Robin Le Normand, son ancien élève, recruté au Lamballe FC quand il avait 14 ans. « La forte identité du Stade Brestois existait avant moi, mais je voulais encore l'accentuer, explique-t-il. J'ai pu m'imprégner de leur façon d'entraîner. Des tout-petits jusqu'aux grands, il y a un vrai fil conducteur. Une mentalité, une générosité, une culture du travail ».
Le développement des qualités techniques et de vitesse y est également omniprésent. « On dit que les Espagnols sont très bons dans les phases de transition mais on le comprend quand on voit des U9 ou des U10 être stimulés sur cet aspect-là par leurs éducateurs. C'est tout de suite dans leur ADN ».
Nicolas Mariller en a ramené des « invariants » dans sa manière de recruter. « On exclut toute nonchalance, entre guillemets. On veut des garçons qui aiment courir, des joueurs passionnés, généreux dans l'effort, qui respirent le football et sont intelligents ».
Même le décorum de l'Athletic Bilbao l'a inspiré, ces drapeaux qui s'affichent partout. « J'ai essayé de restituer cette fierté d'appartenance dans nos tenues d'entraînement. Nos couleurs sont partout autour des terrains. Quand on arrive à Brest, il faut voir que l'institution est omniprésente ».
3. Révéler des talents finistériens
Bien sûr, le phare de la formation brestoise porte un nom : Brendan Chardonnet, l'enfant de Saint-Renan devenu le plus capé des Ti-Zefs en Ligue 1. S'ils sont partis, Gautier Larsonneur (AS Saint-Étienne) et Robin Le Normand (Atlético Madrid) sont également de purs produits locaux. Leur héritier s'appelle Raphaël Le Guen, né à Quimper, fierté de Châteaulin, arrivé à la pointe du Finistère à l'âge de 12 ans. En janvier, le grand défenseur central (1,98 m) a signé son premier contrat professionnel jusqu'en 2029. Sa performance face au Paris SG, le 10 mai, a été très remarquée.
« On aimerait qu'il y en ait davantage, avoue Nicolas Mariller, mais on est confiant pour la suite. Beaucoup de jeunes se sont entraînés cette saison avec le groupe professionnel, des U17, plusieurs U18… La chance leur a été donnée de pouvoir goûter au haut niveau. À eux de s'en imprégner pour devenir plus forts demain ».
Tous ont d'ailleurs des points communs : « Des environnements sains », « des valeurs », « l'adhésion à notre projet de jeu ». « On sait ce que notre public attend. Beaucoup de gens aimeraient faire du Stade Brestois un club 100 % finistérien. On est vite rattrapé par la réalité, mais le vivier existe. On a un ADN assez fort, la direction du club va dans ce sens, les présidents (Le Saint) veulent la jouer local. C'est un choix assumé et réfléchi. On pense que le Finistère est une terre de football ». Un terreau fertile.






