Un sondage Elabe pour BFMTV montre que 87% des Français se disent inquiets par le conflit en cours au Moyen-Orient, les candidats à l’Élysée seront jugés sur leur capacité d’affronter les grands bouleversements géopolitiques.
À un an de la présidentielle, l’actualité internationale s’impose comme un enjeu majeur du futur scrutin. La capacité des différents prétendants à endosser le costume de chef d’État sera scrutée à la loupe. Ils devront apparaître crédibles et rassurants dans un contexte où jamais depuis des décennies l’avenir du monde n’a été aussi incertain et l’inquiétude qui en résulte aussi forte chez les électeurs. Les premiers sujets de préoccupation restent nationaux mais les Français constatent quotidiennement les conséquences directes des bouleversements géopolitiques sur leur vie, à commencer par le prix des carburants.
«Est-ce que tu l’imagines autour de la table avec Donald Trump, Xi Jingping et Vladimir Poutine?» Voilà la question qui reviendra sans cesse dans les prochains mois. Jordan Bardella et Gabriel Attal devront répondre aux critiques de leurs rivaux qui les jugent trop inexpérimentés en la matière pour accéder à l’Élysée.
À l’inverse, d’autres figures politiques plus expérimentées veulent voir dans leur parcours un atout. Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, tente de raviver le souvenir du non de la France à la guerre des États-Unis en Irak en 2003. François Hollande, lui, revendique son passage rue du Faubourg Saint-Honoré: «J’ai une différence avec les autres: j’ai déjà été président», souligne l’ancien chef de l’État cette semaine dans un grand entretien à Marianne quand on lui demande ce qui le distingue des Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve ou encore Jérôme Guedj. Façon de dire aux Français qu’il connaît le job et serait immédiatement opérationnel. Avantage aussi pour Édouard Philippe: «Il fait Président, tu le vois parler avec Trump,» concède un proche d’Emmanuel Macron avec lequel les relations sont pourtant glaciales.
Car s’il n’est pas candidat, le président américain sera un personnage central de cette campagne. «Trump, c’est le troisième fauteuil du débat d’entre-deux-tours, c’est devenu un acteur de la vie politique française,» analyse un intime du président de la République. Que ferez-vous si les États-Unis se retirent de l’OTAN? La France devra-t-elle envoyer des troupes au Groenland si Donald Trump décide de l’envahir? Comment réagir si l’arme des droits de douane est à nouveau brandie par Washington? Autant de questions auxquelles devront répondre les candidats à l’Élysée. Les Français n’ont pas oublié que c’est bien le chef des Armées qu’ils éliront dans quelques mois.





