Mis en ligne début avril par l’hebdomadaire allemand «Die Zeit», cet outil permet, en quelques clics, de vérifier si un membre de sa famille a appartenu au NSDAP, le parti nazi d’Adolf Hitler, dans des archives qui n’avaient jamais été aussi facilement accessibles.
Et si l’histoire de votre famille ne correspondait pas tout à fait à celle qui vous a été racontée ? En Allemagne, un outil mis en ligne depuis le 2 avril par l’hebdomadaire Die Zeit permet désormais à chacun de vérifier si un parent, un grand-parent ou un arrière-grand-parent, ou n’importe quelle autre personnalité, a été membre du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), aussi appelé parti nazi.
Derrière cet outil se cache un travail complexe mené à partir de plus de 12 millions de documents couvrant les adhésions au parti nazi entre 1925 et 1945, dont le journal n’a exclu que les personnes nées il y a moins d’un siècle. Une masse d’archives déjà existante, mais jusqu’ici difficile d’accès, qui permet désormais en quelques secondes de faire surgir une réalité familiale longtemps restée dans l’ombre.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que le régime nazi s’effondre, des millions de fiches sur les adhérents au NSDAP sont promises à la destruction. Elles sont confiées à un industriel du papier à Munich, Hanns Huber, chargé de les faire disparaître, mais qui choisit de désobéir quand il réalise l’importance de ces documents, raconte Die Zeit. Il préserve ce qui reste de ces dossiers, qui finissent entre les mains des forces américaines.
Ces documents ont été conservés pendant des décennies dans une archive à Berlin, d’abord administrée par les Etats-Unis, puis par les archives fédérales allemandes (les Américains en conservant une copie). Ce fonds considérable est longtemps resté difficile d’accès pour le grand public, le consulter demandant des démarches administratives complexes.
La situation change en mars dernier, lorsque les archives nationales américaines mettent en ligne, en accès libre, leur version numérisée de ces fichiers. L’engouement est immédiat, mais la navigation reste complexe pour le grand public, jusqu’au travail de Die Zeit. En s’appuyant sur les documents américains, le média développe un moteur de recherche simplifié, qui utilise notamment l’intelligence artificielle pour rendre les documents lisibles et interrogeables.
Sous réserve d’être abonné à l’hebdomadaire, il suffit d’entrer un nom pour obtenir des informations : prénom, date, lieu de naissance et date d’adhésion au parti. L’utilisateur a accès à la version numérisée de la fiche originelle, qui comprend parfois même une photo de l’adhérent au parti nazi.
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