Inicio Espectáculos Entre Córcega y Rumanía, Robert Girolami cuenta una revolución en el corazón...

Entre Córcega y Rumanía, Robert Girolami cuenta una revolución en el corazón de la música en La Cantata Crepuscular.

11
0

C’est un récit où musique, mémoire et histoire se croisent. Dans La Cantate crépusculaire, Robert Girolami revient sur une expérience fondatrice : sa découverte de la Roumanie communiste au début des années 1980, jusqu’à la révolution de 1989 et les liens durables tissés avec l’orchestre de Sibiu. Bien connu en Corse, cet ensemble avait notamment inauguré la réouverture du théâtre de Bastia en 1981 et s’y est produit à de nombreuses reprises. «Les Corses connaissent bien cet orchestre», rappelle l’auteur, qui collabore avec lui depuis plus de quarante ans. Une relation artistique et humaine qui constitue la colonne vertébrale du livre.

Une immersion au cœur d’un système autoritaire
Arrivé en 1982, le chef d’orchestre découvre la Roumanie sous la dictature de Nicolae Ceaușescu. Un pays marqué par une surveillance accrue, mais aussi par une vie artistique intense. Le récit, entièrement inspiré de faits vécus, suit l’alter ego de l’auteur dans une exploration à la fois politique, humaine et culturelle. «Ce livre est une sorte de journal de bord, avec mes souvenirs et mes sentiments», précise Robert Girolami, originaire de Sisco.

À travers Bucarest, Sibiu ou Craiova, des rencontres rythment son aventure. Il croise la route de musiciens engagés dans la vie de leur pays. Dans ce contexte, la musique devient un espace de liberté dans cette Roumanie répressive. «Elle a permis de délivrer la parole malgré la pression du régime et de sa police secrète, la Securitate», explique-t-il.

Cette immersion passe aussi par des figures marquantes. Bianca, jeune femme dont le narrateur tombe amoureux, illustre à la fois une relation intime et une réalité politique brutale : leur histoire est empêchée par les lois qui interdisent les relations intimes avec les étrangers. À travers elle, c’est toute la fragilité des trajectoires individuelles dans un système contraint qui se dessine. Autre personnage central, Toma, secrétaire musical de l’orchestre décrit comme un «personnage flamboyant», accompagne le chef d’orchestre dans ses déplacements. À la fois guide, protecteur et figure du pouvoir, il incarne les contradictions du régime: humaniste et cultivé, mais pris dans une idéologie qu’il ne maîtrise pas entièrement.

Quand la Corse résonne en Roumanie
La Cantate crépusculaire met également en exergue un lien inattendu entre la culture corse et roumaine à travers l’art musical. Au cœur de l’ouvrage se trouve une œuvre composée par l’auteur, qui mêle deux thèmes : le Diu vi Salvi Regina et le chant de La multi ani.

Robert Girolami rappelle que la sensibilité corse a trouvé un écho particulier dans le pays des Carpates : «Le peuple roumain s’est reconnu dans le Diu vi Salvi Regina, il a été repris durant les trois semaines de la révolution de 1989». Un sentiment de familiarité qui renforce l’idée d’un lien profond entre les deux peuples, au-delà des contextes politiques.

À travers ce récit, Robert Girolami livre un message universel. «Il n’y a pas d’étranger», affirme-t-il. Une conviction forgée par les rencontres et les épreuves et prolongée par une autre certitude : «La liberté n’est jamais acquise.

La Cantate crépusculaire, François-Robert Girolami, éditions Les Impliqués, 150 pages, 17 euros.