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Entrevista de Kim Higelin, en el elenco de Sanguine en Cannes

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C’est l’un des films choc de la 79e édition du Festival de Cannes 2026. Le body horror Sanguine de Marion Le Corroller, qui met en scène des mutations dans un milieu hospitalier, est porté par Kim Higelin. L’actrice, révélée par Le Consentement en 2023, poursuit un parcours marqué par le cinéma d’auteur et les personnages intenses. Rencontre sur la Croisette.

Kim Higelin, star du body horror qui a retourné le Festival de Cannes 2026

Présenté en séance de minuit au Festival de Cannes 2026 et comparé au cinéma de Coralie Fargeat et Julia Ducournau, le film Sanguine de Marion Le Corroller (dont c’est le premier long-métrage) a retourné la Croisette. Dans ce long-métrage sanglant, la jeune actrice française Kim Higelin (Le Consentement, Alterlove) incarne une interne en médecine plongée dans un service hospitalier sous tension aux côtés de Mara Taquin et Karin Viard.

À travers ce body horror situé dans l’univers médical, la réalisatrice explore l’épuisement physique et psychologique de jeunes soignants confrontés à une pression constante. Kim Higelin campe un personnage de jeune femme dure, compétitive et obsédée par la reconnaissance. Un rôle très physique dans un projet qui mêle critique sociale et humour noir dont la comédienne nous dévoile les coulisses.

L’interview de Kim Higelin, héroïne de Sanguine

Numéro : Qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre ce projet Sanguine, présenté au Festival de Cannes 2026 ?

Kim Higelin : La productrice du film, Carole Lambert, avait déjà produit Le Consentement. J’avais donc déjà une vraie confiance dans ses choix. Ensuite, j’ai découvert un scénario hyper bien ficelé, très social et humain, mais aussi très excitant visuellement et du côté de l’action, du gore et des effets spéciaux. Ce n’est pas du tout le genre de films que je regarde habituellement parce que cela me fait très peur. Honnêtement, le seul body horror que j’avais vu avant, c’était The Substance, que j’ai trouvé incroyable, phénoménal. Mais découvrir les coulisses de tout ça me fascinait. J’ai aussi beaucoup aimé la précision de Marion Le Corroller dans ses directions pendant les essais. Elle savait exactement ce qu’elle voulait. C’était très rassurant de travailler avec quelqu’un qui sait vraiment ce qu’il veut.

Comment avez-vous vécu le tournage qui semble avoir été très physique ?

C’est un film très physique et sportif. Un tournage intense, car il fallait coller au plus près à la vision de la réalisatrice. Mais honnêtement, ce que j’ai fait sur le tournage n’est rien par rapport au travail effectué par Mara Taquin. Et même en connaissant tous les effets spéciaux et les coulisses du tournage, la projection à Cannes m’a prise. Pierre-Olivier Persin (le maquilleur de The Substance), qui s’occupait des prothèses et des effets, a fait un travail complètement fou.

«Je ne vais pas voir de films d’horreur, car cela me fait très peur». Kim Higelin

Comment décririez-vous votre personnage ?

C’est une fille qui a grandi dans une famille de médecins depuis plusieurs générations. Elle est en quête permanente de reconnaissance et cherche à prouver qu’elle mérite sa place. Du coup, elle pousse tout à l’extrême. Elle veut être la meilleure partout. Ce n’est pas quelqu’un de particulièrement sympathique. On n’a pas envie d’être son amie. Elle peut être dure, un peu «mean girl», très excessive aussi. Elle porte constamment un masque social.

Voyez-vous un lien entre le scénario de Sanguine et ce que nous avons vécu pendant le covid ?

Je n’y ai pas pensé de mon côté. Pour moi, le film dénonce surtout le surmenage et la pression immense qui pèsent sur les jeunes qui sont constamment dans le dépassement de soi au travail. Il y a cette idée de toujours devoir être performant, jusqu’à ce que cela nous bouffe la vie et que ça nous change.

«Sanguine dénonce surtout le surmenage des jeunes dans leur travail». Kim Higelin

Vous venez d’une famille profondément liée à la création artistique. Est-ce que cela vous a donné très tôt envie de raconter des histoires aussi fortes ?

Pas forcément. Pendant longtemps, je voulais exercer plein d’autres métiers : prof d’anglais, psy, avocate… Puis ma mère, qui faisait du théâtre chez Blanche Salant (atelier de théâtre professionnel qui met en pratique les travaux de Stanislavski, de Tchekhov et de Peter Brook, ndlr), m’a proposé d’essayer à mon tour. Elle n’avait pas les moyens de payer deux cours, alors elle m’a donné sa place. C’est un geste auquel je pense encore énormément aujourd’hui. Ma mère travaillait la journée chez Weight Watchers et le soir comme serveuse. Elle adorait pourtant ces cours de théâtre. Je crois que sans ce sacrifice maternel et plein d’amour, ainsi que le soutien de mon père, je n’aurais peut-être jamais commencé ce métier avec autant de passion. J’y pense souvent à ce geste de ma mère.

Quel est votre meilleur souvenir du Festival de Cannes ?

Je crois que mon plus beau souvenir, c’est simplement mon arrivée. J’étais en voiture avec mon copain et je n’avais encore jamais vu l’installation des marches en vrai. J’ai eu un vrai choc émotionnel tellement j’ai trouvé ce décor très beau. Je ne m’étais jamais projetée là. Le festival reste l’un des événements les plus forts que l’on regarde avec des étoiles dans les yeux quand on est gamin.

Sanguine de Marion Le Corroller, au cinéma le 28 octobre 2026. Le film est présenté en séance de minuit au Festival de Cannes 2026.